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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 16, 2021















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Fatty

24 août 2021 |
SERIE
Fatty
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
27 €
DATE DE SORTIE
18/08/2021
EAN
2754829250
Achat :

fatty_image1Qui se souvient aujourd’hui de Roscoe Arbuckle alias « Fatty » ? Et pourtant, cet homme au surnom peu flatteur signifiant « grassouillet » fut, aux côtés de Charlie Chaplin et Buster Keaton, un des premiers rois de l’âge d’or hollywoodien. Keaton rencontre Fatty en 1917, ce dernier est déjà une immense star. Keaton n’a encore jamais fait de cinéma, il joue au théâtre, et c’est Arbuckle qui l’encouragera et le fera travailler. Leur duo lancera la carrière de Keaton. Alors, lorsqu’Andrew, un assistant de Keaton en 1960, semble ne pas connaître Fatty, Buster raconte : les tournages, l’amitié, les excès dans l’Amérique conservatrice de la prohibition, et puis la déchéance de Roscoe, accusé de meurtre et pris dans un procès à charge.

Le duo Frey / Nadar – L’œil du STO, Avec Edouard Luntz – signe, pour leur troisième opus ensemble, un portrait humain de Roscoe Arbuckle. En essayant de s’affranchir de la vindicte dont il fut victime, les auteurs prennent le point de vue de Keaton, son ami, qui jamais ne le lâcha. Apparaît alors un personnage tout en ambiguïté : homme meurtri et géant hollywoodien, bon vivant et dépressif héroïnomane… Sans tomber dans de la psychologie de comptoir, Julien Frey (Un jour il viendra frapper à ma porte, Lisa et Mohammed) propose des pistes qui sont autant de morceaux d’un puzzle complexe. Lorsque survient la mort d’une jeune actrice dans sa demeure, il ne cherche pas à faire passer son héros pour un saint, mais il met en garde contre une opinion publique prompte à condamner et à détrôner les idoles.

La mise en scène de Nadar (Papier froissé, Salud !) sert avec brio cette biographie. Les auteurs, avec une économie de mots, laissent le trait parler : en privilégiant le mouvement, Nadar offre une grande fluidité de lecture. Les personnages sont croqués avec tendresse et imposent un rythme : tantôt en simples silhouettes, tantôt en visages plus expressifs, notamment lors des procès sur lesquels les auteurs ont souhaité s’attarder, créant une rupture narrative très intéressante, du biopic hollywoodien à la chronique judiciaire, changeant ainsi le genre de l’histoire. En choisissant l’aquarelle, Nadar innove dans sa pratique, proposant une colorisation soignée et qualitative pour l’ensemble de l’album.

Encore une réussite pour le duo qui ne cesse d’éclairer par son travail les oubliés de l’Histoire et les zones d’ombres du passé.

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