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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 26, 2017

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Monsieur désire ?

30 septembre 2016 |
SERIE
Monsieur désire ?
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
17.50 €
DATE DE SORTIE
21/09/2016
EAN
2344005803
Achat :

monsieur_desire_image1Lisbeth est une servante bien docile, au service d’un jeune noble britannique. Elle brique et nettoie, sous les ordres de la rigide Miss Oliver, tandis que Monsieur s’enivre et fornique à tout va. Sans s’en cacher. C’est un séducteur au visage d’ange, aux appétits insatiables et au goût prononcé pour la provocation. Un soir, il rentre mal en point, tabassé dans les bas-fonds de Londres. Lisbeth s’occupe de lui. Et dès lors, il va en faire sa confidente, elle, une fille de rien au visage ingrat. Une relation ambigüe se noue alors.

Avec Miss Pas Touche, puis Beauté et Les Ogres-Dieux, Hubert a déjà démontré son goût pour la littérature classique, les milieux interlopes et les situations complexes. Il atteint ici un sommet dans la finesse de l’écriture, avec ce face à face improbable et presque mystérieux, tantôt tendre tantôt malsain. Son personnage de lord dévergondé, à la morgue odieuse, se fissure peu à peu, à mesure qu’il se noie dans la débauche et narre sa vie à Lisbeth. Qui, elle, ne se décompose jamais, ou presque.

monsieur_desire_image2Au-delà de ce faux jeu de séduction, entre psychanalyse et appel au secours, c’est toute la structure des relations hommes-femmes dans la société victorienne qu’Hubert décortique. Sous l’angle de la domination masculine – dans la maison, dans les rues, à la Cour – et du mépris des classes supérieures pour les pauvres travailleurs et les miséreux. Jamais manichéen ni brutal, son scénario décrit par petite touches cinglantes ce monde d’hypocrisie et de violence sociale permanente, où le domestique est un sous-homme et, encore plus bas, la servante est tout juste un animal. Et pour mettre en images ce texte brillant, Virginie Augustin (Whaligoë, Voyage aux ombres…) use d’un trait fin et expressif, d’une grande subtilité, dans les postures et les regards notamment. Elle s’approprie parfaitement l’histoire et les personnages, joue sur les mouvements et les ambiances et ne se répète jamais. Finalement, elle propose sans doute ici son livre le plus personnel en termes graphiques. Alors, à la question, « Monsieur désire ? », nous répondons : lire d’aussi bonnes bandes dessinées plus souvent.

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