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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 3, 2022















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Celle qui parle

13 mai 2022 |
SERIE
Celle qui parle
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
24.90 €
DATE DE SORTIE
30/03/2022
EAN
2818984068
Achat :

Celle qui parle CaseLes Européens ne connaissent que peu de choses du passé du Mexique. On ne souvient rarement plus que la venue d’Hernán Cortés et la chute de l’Empire aztèque lors de la conquête du pays au XVIe siècle par les Espagnols évangélistes. L’Histoire ne retenant souvent que les conquérants et plus particulièrement les figures masculines, Alicia Jaraba a décidé de porter notre regard sur une femme d’Amérique latine dont l’histoire même est incertaine, tant peu de ressources sont disponibles à son sujet. Cette jeune femme est Malinalli, la fille du chef d’un des nombreux clans qui peuplaient le Mexique précolombien. À la mort de ce dernier, elle devient l’esclave d’un autre peuple. Malgré sa position de dominée, elle parvient à se faire sa place parmi les autres, grâce à son caractère tenace et ses capacités de communication. Son horizon s’éclaircira davantage quand elle est sera repérée par les conquistadors espagnols venus en terre étrangère pour piller les ressources locales. Son habileté pour les langues la conduira à devenir l’interprète de Cortés en personne (puis sa maîtresse, et mère d’un de ses fils), un rôle politique clé.

Pour sa première bande dessinée au long cours et en solitaire, Alicia Jaraba est ambitieuse. Raconter en bande dessinée l’histoire controversée de ce personnage méconnu était une gageure. Son récit biographique dévoile un personnage fort, passé du tout au rien en une soirée de rapt (organisé ?) et qui a su reprendre une place d’importance aux côtés d’un Cortés envoyé à la découverte du Nouveau Monde. Son rôle de diplomate et de médiatrice entre les peuples sera vu et interprété de différentes manières à travers le temps, elle sera d’ailleurs souvent considérée par les siens comme une traîtresse.

Durant 200 pages particulièrement fluides, l’autrice n’assomme pas le lecteur de références, dates ou noms, ce qui plaira à ceux qui privilégient la vulgarisation et l’accessibilité, mais paraîtra certainement trop parcellaire pour les férus d’Histoire. Il faut dire que les ressources à son sujet son minces et contradictoire, impossible donc de proposer une approche historique totalement sourcée et irréfutable. À prendre pour une biographie qui apporte un regard et une approche différents de la conquête espagnole du Mexique précolombien plutôt qu’un pur récit historique, cette bande dessinée raconte la petite histoire restée à l’ombre de la grande Histoire. Le dessin racé et expressif aux nuances d’ocre transmet de nombreuses émotions et nous place du côté de Malinalli, La Malinche, Malintzin, Marina, « celle qui parle », cette Amérindienne aux mille prénoms a vécu de nombreuses aventures et nous permet par son prisme de s’attarder sur les conditions des femmes, le déracinement, le rejet, l’incompréhension et l’importance de la médiation entre les peuples.

 

Celle qui parle Planche

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