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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 19, 2019















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Hommage à Pilote sur France 5

16 juin 2009 |

Il est né en 1959, et fête donc ses 50 ans. Pilote souffle ses bougies sur France 5 avec un joli documentaire de 52 minutes, réalisé par Philippe Picard et Jérôme Lambert. Et c’est ce jeudi 18 juin, à 21h30.

pilote_couv.jpgDans un décor soigné, dessiné par Cabu, de nombreux intervenants racontent leur vision de ce magazine mythique. Jean-Pierre Dionnet dit avoir été « l’un des premiers abonnés » et évoque un journal « à l’américaine ». L’historien Pascal Ory, spécialiste de la bande dessinée, pointe le côté « scout catho » de la publication, qui accueillait chaque jeudi en ses pages Astérix, le Petit Nicolas ou Tanguy et Laverdure.

Dans les années 60, les héros gaulois de Goscinny et Uderzo sont plébiscités, tandis que les yéyés – Johnny, Sylvie, Eddie, Cloclo… – envahissent le journal. Malgré un nombre de lecteurs croissant, Pilote fait faillite à cause d’une mauvaise gestion. Georges Dargaud le rachète, puis le confie à Albert Uderzo, Jean-Michel Charlier et René Goscinny (de gauche à droite sur la photo ci-dessous). Ces derniers ouvrent la porte à des artistes qui ne s’adressent pas qu’aux bambins: le jeune Cabu débarque de Hara-Kiri, Greg invente Achille Talon, Jean Giraud dessine les aventures de Blueberry. Et ce n’est pas fini, puisque Gotlib, Mandryka et Fred amènent un vrai grain de folie au magazine.

« Fred et Gotlib dynamitent la narration, précise Pierre Christin. Ils insufflent une modernité radicale dans le récit. » Les employés de Pilote ne sont plus de gentils dessinateurs pour enfants, mais de véritables auteurs, se permettant même de critiquer la société. Cette société qui bouillonne alors, Mai 68 voyant voler les pavés. Un conflit générationnel éclate au sein du journal. pilote_photo.jpg « Il n’y avait pourtant pas besoin de faire la révolution, explique aujourd’hui Fred. Goscinny nous laissait libres de faire ce que nous voulions. » Mais incarnait, selon Jean Giraud, « un système qu’il fallait changer ». Sa démission est pourtant refusée par Georges Dargaud.

Le « journal qui s’amuse à réfléchir » devient plus contestataire, et intègre même une femme à l’équipe, en la personne de Claire Bretécher. « Elle était d’une timidité incroyable, se souvient Cabu. On ne l’entendait pas, elle n’osait même pas dire bonjour. Quelques uns, dont Gotlib et Mandryka, ont été amoureux d’elle! » En 1972, ce trio de choc part fonder L’Echo des Savanes. Une sécession que Goscinny prend comme une trahison, à peine adoucie par l’arrivée de Tardi et Bilal à la rédaction.

« Il y avait trop d’auteurs, pas assez de place pour s’exprimer », regrette Jean-Pierre Dionnet. Ce dernier entraîne Philippe Druillet et Jean Giraud dans l’aventure Métal Hurlant en 1974. Un nouveau coup dur pour Goscinny, qui s’investit dans le cinéma et quitte Pilote. On regrettera que ce documentaire passionnant ne s’intéresse pas à l’après-Goscinny. Pas un mot sur l’arrivée de Guy Vidal à la tête de la rédaction, ni sur les difficultés du magazine, sa fusion avec Charlie Mensuel, puis son arrêt et sa résurrection très ponctuelle – Dargaud sort le 25 juin un numéro spécial dédié à 1969, année érotique et hédoniste.

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Pilote et moi, et moi, et moi.
Documentaire de Philippe Picard et Jérôme Lambert.
Jeudi 18 juin à 21h35 sur France 5. Durée: 52 min.

Voir la bande-annonce ici. Et un extrait là.

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