Jakob Kayne #1
Un sultan avide tente de faire tomber la cité de la sainte Inquisition, qui recèle un grand trésor. Dans le même temps, une jeune femme se meurt au sein de cette ville assiégée. Intervient alors un alchimiste-guérisseur, doté du pouvoir de soigner les coeurs purs. Mais Jakob est aussi un mange-mémoire : personne ne peut se souvenir de son visage. Un don et une malédiction pour ce héros, dernier survivant avec son frère du clan des Hyppocrates.
Quel étrange début de série… On a connu Sylvain Runberg plus en forme pour construire un univers et emmener son lecteur avec lui (dans Clivages, On Mars, Motorcity, Drones, ou Orbital notamment). Mais là, difficile de croire cette distorsion historique, convoquant catholiques et musulmans, et y ajoutant des sirènes, des mages guérisseurs, et tout un décorum fantasmagorique sans assise. Une laborieuse voix off assène les infos, les dialogues en rajoutent une couche, et les séquences d’action paraissent bien poussives, grevées par ce texte malhabile. Et les rebondissements sont très convenus. Le dessin de Mateo Guerrero (Beast, Gloria Victis…) est musclé et plein de détails de chevelures, de drapés, d’architecture. Impressionnant, mais trop chargé, à la limite de l’étouffement. On referme ce premier tome avec un curieux sentiment, désarçonné par un héros trop beau et trop fort qui tient le lecteur à distance et un scénario au rythme bancal. La suite éclairera-t-elle le chemin ?
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