Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | April 21, 2019

Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

La Traversée

1 février 2019 |
SERIE
La Traversée
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
26 €
DATE DE SORTIE
18/01/2019
EAN
2919242938
Achat :

Un soldat et son capitaine cheminent dans la lande. Ils cherchent à regagner le front. Mais ils ne croisent que des cailloux, des paysans contraints à l’exode, des croque-morts, une caverne interminable, des aubergistes revanchards. Un chien, un bouc. Et des cadavres.

la_traversee_imageIl aura fallu dix ans à Clément Paurd pour achever cette Traversée, initiée dans les pages du classieux fanzine Belles illustrations. Car ce diplômé des Arts décos de Strasbourg, lauréat du concours Jeunes talents d’Angoulême 2009, a préféré prendre le chemin de l’illustration, de l’enseignement et de l’édition – aux côtés de Jean-Christophe Menu, à L’Apocalypse – plutôt que celui de sa propre création en BD. Mais peut-être que dix ans, finalement, c’est le temps de maturation d’une grande oeuvre. Car La Traversée est de ce calibre-là, des livres qui comptent et qui resteront. Petit théâtre acide et absurde à la Beckett, inspiré des images du XIXe siècle – ces petits soldats de papier à découper pour créer un champ de bataille à hauteur d’enfant –, cet épais album met ainsi en scène des silhouettes dialoguant dans le vide laissé par la guerre. Une guerre invisible, lointaine et pourtant si palpable dans ses conséquences : terre brûlée, habitants devenus meurtriers ou fous, animaux désorientés. Au fur et à mesure de leur route sinueuse, la nature du duo officier-trouffion va se transformer. De hiérarchiques et humiliants, les rapports vont devenir quasi fraternels, car au final, les hommes sont tous de la chair à canon et leurs cendres ont toutes le même goût.

Économe en mots mais pas avare d’efforts de mise en scène, Clément Paurd trouve très vite le ton et le rythme justes. En apparence répétitifs, ses dessins sans case sont en réalité d’une grande subtilité. La ligne fine et souple joue sur les détails mouvants des postures, des détails de l’anatomie ou des costumes pour suggérer les émotions. Et l’on se laisse embarquer, s’insurgeant, frémissant, riant (rarement) avec ces deux compères de galère, au destin forcément funeste. Car tout est d’une grande précision, dans le trait comme dans la mise en page, alternant strips et double-pages, faisant naviguer les protagonistes dans tous les sens et tourner la tête du lecteur. Qui refermera le livre étourdi, impressionné et ému aux larmes.

la_traversee_image2

Publiez un commentaire