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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 23, 2017

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Les + du blog : EMMANUEL GUIBERT 1/4

20 juillet 2006 |

On connaît Emmanuel Guibert pour La Guerre d’Alan, Le Photographe ou encore Les Olives noires : des bouquins inspirés plus destinés à alimenter notre réflexion que notre imaginaire – encore que…
C’est oublier qu’Emmanuel travaille essentiellement pour les enfants. Les Sardines de l’espace, Ariol, Tom-Tom et Nana, plus de 1500 pages publiées en moins de 10 ans.
L’enfance, Guibert en parle avec une acuité particulière. Celle d’un auteur parmi les plus brillants de sa génération, sans doute, mais surtout celle d’un jeune papa de 42 ans qui observe sa petite Cécilia (4 ans) s’emmêler généreusement les pinceaux.
L’An 2 publie sa Monographie prématurée (titre volontiers ironique souligne Guibert). Un pavé de 138 pages richement illustré de documents rares sortis fraîchement des cartons de l’auteur. Les extraits qui suivent sont tirés de la première partie de cette monographie. Avant de laisser la place à de subtiles analyses de son travail, Emmanuel Guibert signe une réflexion réjouissante sur les sources du dessin, l’époque où « il griffonnait à plat ventre sur le grand tapis du salon familial ».



Illustration extraite de Monographie prématurée de Guibert © L’An 2.
EMMANUEL GUIBERT : L’ART ET LA MANIERE

« Je dessine encore aujourd’hui sous le coup de l’excitation éprouvée à dessiner enfant. Avant dix ans, le dessin m’a mis dans tous mes états. Un corps d’enfant en bonne santé, c’est merveilleux. Allongé, le poids de la charpente ne comprime pas le cœur. Jambes et bras sont pliables en tous sens. Rachis aussi. Aucun des désagréments de la pilosité. Encombrement minimum des attributs sexuels. Tout cela favorise une activité à peu près interdite aux adultes : le dessin à plat ventre. Grande joie du dessin à plat ventre, du dessin par terre, le nez sur ce qu’on fait. Que ce soit pour y manger, y étudier, y dessiner, comme la plupart des enfants, je n’aimais pas tellement la table. La table n’est pas un lieu de confort. De mèche avec la chaise, elle piège le corps et le tenaille. Les coudes, les pieds, le ventre s’y ennuient. Le dos s’y déglingue. Et puis, une table, ou c’est petit, ou c’est haut, ou c’est encombré, ou il ne faut pas la tacher, ou elle est bancale, ou elle a de gros pieds anguleux qui font mal aux genoux. Si on ajoute à cela que l’enfant assis a souvent les jambes dans le vide et qu’elles se lestent de plomb à mesure que l’heure passe, il ne fait pas bon rester à table. D’ailleurs, les postures assise ou debout ravagent ceux qui ne les alternent pas régulièrement. Assis trop longtemps, l’individu croise et décroise sans arrêt les membres (en quoi il contrarie sa circulation sanguine et entretient des tropiques dans ses plis), se balance d’une fesse sur l’autre, porte péniblement ses omoplates, bref, manifeste par tout son corps qu’il aimerait être ailleurs. »

Emmanuel Guibert, Monographie prématurée
, L’An 2. 136 pages. 19,50 euros.

Voir les autres dossiers : 2/4, 3/4, 4/4

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