Mujina Into the Deep #1
Dans un Japon dystopique, le gouvernement a mis en place des right cards pour freiner le vieillissement de la population : ceux qui en sont dépourvus ne peuvent subvenir à aucun besoin. Sans carte, Ubume est devenue une tueuse à gages, une Mujina, et accepte ainsi toutes sortes de missions rémunérées. Terumi, qui a la chance de posséder une de ces fameuses cartes, va découvrir auprès d’elle l’univers impitoyable des « sans droits ».
Dans le folklore japonais, les Mujina désignent des mammifères carnivores, tels les blaireaux ou les tanuki, qui peuvent se métamorphoser et jouer de mauvais tours aux humains. Ce mot, dans le monde imaginé par Inio Asano, n’est pas anodin : ces tueurs à gages privés de leurs droits ne sont même plus considérés comme des humains et acceptent de tuer juste pour survivre.
L’auteur de Bonne nuit Punpun aborde ici des thématiques déjà vues dans certaines de ses oeuvres, comme un Japon dystopique avec un gouvernement qui divise ses habitants (voir Dead Dead Dead Dead Demon DeDeDeDeDestruction) ou encore une société qui écarte les personnes âgées (Inio Asano Anthology). Mujina Into the Deep reprend la même idée : pour faire face au vieillissement de la population, les personnes de plus de 85 ans sont privées de leurs droits et délocalisées dans des zones spéciales. Mais le système a ses failles, et même des jeunes, telle Ubume, se retrouvent sans carte, et doivent donc vivre en marge de la société.
Ce premier tome, tout comme les séries précédentes d’Inio Asano, impressionne par la fluidité de son dessin et le rythme de la narration. Cependant, il ne donne encore que peu d’éléments sur le contexte et peut déranger sur la mise en avant et la sexualisation du physique des jeunes filles, bien qu’il dénonce le comportement inapproprié de certains protagonistes envers elles. Est-ce un thriller d’action? un pamphlet politique comme dans DDDDD? La suite le dira sans doute.





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