Neige de sang
Dans un petit village du Japon des années 1970, le quotidien est morne depuis que l’autoroute a été construite et que plus guère de voyageurs ne s’y arrêtent. Mais là, ce qui inquiètent les habitants, c’est le mauvais temps persistant, inhabituel en plein été. Et quand, un matin, le jour ne se lève plus et laisse la place à une tempête de neige, rien ne va plus ! Hélas, ce n’est que le début des ennuis : plusieurs cadavres lacérés et vidés de leur sang sont retrouvés dans la rue, et un samouraï fantomatique s’invite dans la communauté…
Inspiré par une comptine traditionnelle japonaise et par le sort des samouraïs laissés sans maïtre à la fin de l’ère du shogunat, cet album offre un quasi huis clos tendu, entre conte fantastique et thriller horrifique. L’angoisse monte petit à petit, au sein d’un décor hors du temps, et autour de deux amoureux perdus et d’une aubergiste fatiguée. Puis c’est l’irruption de violence, brutale, superbe, fatale. Le trait de Jef, épais et expressif, se déploie dans une mise en scène volontiers théâtrale et sous une mise en couleurs très soignée, aux effets de flocons et de cendres impressionnants. Happé par le mystère, on reste toutefois un peu frustré face à une histoire à la résolution trop rapide et étrange, qui semble privilégier le tragique à grand spectacle à la portée universelle des thèmes choisis, à savoir la peur, la culpabilité, et le pardon. Un album qui laisse un goût de sang et de trop-peu…






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