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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | February 9, 2023















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Angoulême 2023 : pronostic pour un palmarès

24 janvier 2023 |

Qui succédera à Écoute, jolie Márcia de Marcello Quintanilha au palmarès du Fauve d’or du Festival d’Angoulême ? Qui séduira le jury du public, des lycéens ou les grand jurys présidés par Alexandre Astier et, pour la jeunesse, Marie-Aude Murail ? Voici une tentative de prédiction qui tient plutôt de la divination…

merel_couvEncore cette année, le jury va avoir la chance de lire de vraies pépites de bandes dessinées, au sein d’une sélection pointue mais qui recèle aussi des propositions accessibles à un large lectorat. C’est le cas notamment pour le Fauve Révélation, qui distingue le livre d’un auteur ou d’une autrice en début de parcours (max 3 albums publiés). Si Maybelline Skvortzoff (Roxane vend ses culottes) ou Sole Otero (Naphtaline) font de bons profils, on parierait plutôt sur Aniss El Hamouri pour Ils brûlent ou Clara Lodewick pour Merel. Côté polar, là aussi, grosse concurrence : si mon chouchou serait Colorado Train, le fait que son auteur, Alex W. Inker, ait déjà décroché le prix du Polar SNCF en 2017 avec Apache, pourrait laisser penser que Hound Dog de Nicolas Pegon serait le mieux placé. Mais pour la SCNF, une histoire de train sera quand même tentante… Quant à l’Éco-Fauve, difficile à dire aussi tant la sélection est variée et relevée, avec aussi des albums dont la thématique environnementale n’est pas forcément au coeur. Les Trompettes de la mort de Simon Bournel-Bosson est dans ce cas, mais il demeure un livre très original et vraiment réussi, surtout pour un premier long album. Alors, pourquoi pas.

N’oublions pas que deux fauves sont remis par un jury public, au sein d’une sélection réduite de titres. Le Fauve des lycéens, qui a récompensé Yojimbot l’an dernier, pourrait revenir à un autre album qui s’empare d’un récit de genre pour y insuffler un message contemporain, et dans un style moderne mais pas expérimental : Hoka Hey ! de Neyef. Côté Prix du public, on est souvent surpris : dans une sélection qui compte pas mal de jeunes auteurs, Merel pourrait mettre tout le monde d’accord.

lnstitut-des-benjamines_couvCôté jeunesse, cette année, un seul prix et non plus deux sur deux tranches d’âge différentes. On peut raisonnablement imaginer que les albums pour les plus jeunes lecteurs, tout comme ceux pour les plus grands des ados, soient délaissés au profit de livres pour la tranche d’âge phare du rayon jeunesse, à savoir celle des 8-12 ans. Ainsi, des albums excellents comme Boubou et ses amis (à partir de 6 ans) ou Voleuse (plutôt pour les 14 ans et plus) partiraient avec un handicap… Surtout que la compétition est dure, avec de nombreux très bons livres… Mais puisqu’il faut choisir, disons que De cape et de mots, adaptation de Flore Vesco par les Kerascoët, a tout pour séduire le jury présidé par l’écrivaine Marie-Aude Murail.

De son côté, le Grand Jury présidé cette année par Alexandre Astier aura fort à faire pour départager les candidats au Fauve Patrimoine. Mais le Ras le bol de Cardon, par sa puissance autant graphique que politique et humoristique, fait office de sérieux favori. Même si Journal de Fabrice Neaud en impose aussi… Côté série, on verrait bien Anne Simon enfin récompensée pour ses Contes du Marylène avec L’Institut des Benjamines. Son imagination fertile et son discours féministe subtil mais sans détour en font une candidate idéale. Pour le Prix de l’Audace, plusieurs albums ou mangas proposent des expériences de lecture inédites et fortes, toutefois La Couleur des choses semble avoir une longueur d’avance sur l’audace graphique et narrative.

La Derniere Reine CouvEnfin, les deux Fauves les plus prestigieux… Le Prix spécial du jury célébrant un coup de coeur, difficile de se mettre dans la tête des jurés… Mais Les Pizzlys de Jérémie Moreau, par sa originalité graphique et l’intelligence de traitement du thème de la fin d’un monde, pourrait les emballer. Et dans le même registre de « fin d’un monde », La Dernière Reine de Jean-Marc Rochette a tout à fait les épaules d’un Fauve d’or, par la maturité de son trait, la portée symbolique et la profondeur de son histoire, et par le côté « grande oeuvre » d’un auteur au sommet de sa carrière…

Allez, on récapitule notre tentative de pronostic ?

– Fauve d’Or – Prix du meilleur album : La Dernière Reine, de Jean-Marc Rochette (Casterman)
– Fauve d’Angoulême – Prix spécial du jury : Les Pizzlys, par Jérémie Moreau (Delcourt)
– Fauve d’Angoulême – Prix de l’audace : La Couleur des choses , de Martin Panchaud (Çà et là)
– Fauve d’Angoulême – Prix de la série : L’Institut des Benjamines (Les Contes du Marylène), par Anne Simon (Misma)
– Fauve d’Angoulême – Prix révélation : Ils brûlent #1, par Aniss El Hamouri (6 pieds sous terre)
– Fauve d’Angoulême – Prix du patrimoine : Ras le bol, par Cardon (Les Requins Marteaux/Super Loto éditions)
– Fauve Polar SNCF : Hound Dog, par Nicolas Pegon (Denoël Graphic)
– Prix Eco Fauve RAJA : Les Trompettes de la mort, par Simon Bournel-Bosson (L’Agrume)
– Fauve d’Angoulême – Prix du public France Télévisions : Merel, par Clara Lodewick (Dupuis)
– Fauve des lycéens : Hoka Hey !, par Neyef (Label 619/Rue de Sèvres)
– Fauve d’Angoulême – Prix Jeunesse : De cape et de mots, par Kerascoët d’après Flore Vesco (Dargaud)

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