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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 24, 2017

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Chroniques étudiantes – partenariat BoDoï/Université Paris-5 (4/4)

26 avril 2012 |

BoDoï et une enseignante de la licence professionnelle « Métiers de l’édition – spécialité métiers de l’édition, des bibliothèques et du commerce du livre » de l’université Paris-5 Descartes (IUT) ont proposé à une trentaine d’étudiants de se prêter au jeu de la critique de bandes dessinées. Dans une liste pré-définie de 40 titres récents, ils ont pioché et rédigé une critique dans un format proche de celles publiées sur BoDoï (court, précis, argumenté). Ils étaient évalués sur leur style, la grammaire et l’orthographe, leur culture littéraire, la pertinence de leur prescription et leur niveau d’analyse de l’oeuvre. Dernière livraison, ce jeudi, des meilleures chroniques (légèrement corrigées). (lire la première série ici, la deuxième là et la troisième ici).

Pour en finir avec le cinéma.
Par Blutch. Dargaud.

cinema_couvConstruit de manière originale, sans véritable scénario, Pour en finir avec le cinéma nous propose de suivre un narrateur plus ou moins présent tout au long de l’ouvrage, avec pour fil conducteur le 7e art, on l’aura compris. Mais il n’est pas question ici d’en finir avec quoi que ce soit. Entre attraction et répulsion, ce mystérieux personnage, tout autant rêveur que violent, nous emmène avec lui dans ses fantasmes cinématographiques qui prennent très vite le dessus sur le réel.

A travers de petites séquences, que l’on pourrait comparer à une série de courts-métrages, reconnaissables par leur couleur de fond, on passe d’un thème à l’autre au fil des pages. Le procédé est intéressant : il sert la (re)découverte d’une galerie d’acteurs et de réalisateurs mythiques (Paul Newman, Burt Lancaster,…) ou oubliés (Robert Ryan, Warren Oates,…), pour finalement nous mener à l’ultime voyage en train, à travers le cinéma comme un pays où les gares se nommeraient Buñuel, Godard, ou encore Hitchcock.

Au premier abord effrayant, le cinéma étant une affaire de connaisseurs, l’album de Blutch apparaît en fait comme une œuvre très personnelle, à la fois humble et exigeante, comme une ode au cinéma par un passionné qui ressent le besoin de questionner sa passion. Ainsi l’album regorge de références qui ne parleront pas toujours au non-initié, mais celui-ci pourra toutefois apprécier les nombreux aphorismes (« les vivants ont cet avantage sur les morts, cher monsieur : ils ont le dernier mot », envoie une jeune inconnue dans un train à Michel Piccoli, à qui elle a auparavant fait l’affront de demander « vous connaissez Buñuel ? ») ainsi que la finesse du trait de Blutch.

En effet, porté par un style simple et vivant et par une utilisation pertinente des différents matériaux qui sert le crayonnage dynamique du dessinateur, Pour en finir avec le cinéma nous propose un voyage dans les pérégrinations d’un cinéphile au sein d’un film d’un nouveau genre que l’on n’est pas prêt d’oublier, que l’on soit passionné ou non.

Pierre Corman

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Lorenzaccio.
Par Régis Penet, d’après Alfred de Musset. 12 Bis.

lorenzaccio_couvFlorence est sous le joug du duc Alexandre de Médicis, tyran décadent et débauché, soutenu par l’empereur. Face à lui, les Strozzi veulent rétablir la République et tentent vainement d’organiser la résistance. Au centre de ces conflits, Lorenzo de Médicis, ancien grand fervent de la cause républicaine, est aujourd’hui l’entremetteur attitré de son cousin, le duc Alexandre.

Lorenzaccio est un jeune homme cynique et torturé. Personnage principal fourbe, menteur, calculateur… Penet garde les secrets de son personnage, jusqu’au moment où l’on comprend : Lorenzo veut tuer Alexandre. Pourtant, il sait que son geste ne changera rien, ne fera pas évoluer la situation des Florentins. Pire, il devine qu’il se fera arrêter et tuer. Comme dans la pièce de théâtre éponyme d’Alfred de Musset, le Lorenzaccio de Penet est un héros dramatique et romantique.

Le récit ne se déroule plus en 1536, mais pourrait s’être passé hier. Le dessin est enjoué, débordant de couleurs et d’enthousiasme lors des scènes extérieures, montrant Florence sous son meilleur jour. Il devient sombre et froid la nuit ou quand Lorenzo est seul. Parfois beau, quelques fois gai, mélancolique et désespéré, Lorenzaccio est un personnage gênant et dérangeant par son comportement et son physique androgyne. Le texte est rythmé par le poème Le Poète (première partie de La Nuit de décembre d’Alfred de Musset) qui donne une dynamique captivante au récit : la fin du poème signe la fin de l’histoire.

Une bande dessinée pour tous les lecteurs d’Alfred de Musset, les fans de Pénet et les amateurs d’adaptations littéraires !

Julie Renard

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Polina.
Par Bastien Vivès (Casterman/KSTR).

polina_couv« Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n’êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s’apprennent pas. C’est un don.  Suivante… »

Ainsi débute le parcours de Polina Oulinov, fillette de six ans qui rêve de devenir danseuse étoile. Malgré son manque de souplesse elle réussit son audition et intègre une prestigieuse école de danse en Russie. Commence alors une formation faite de rigueur et de discipline dont le professeur Bojinski, personnage charismatique imposant le respect et la crainte, sera le mentor. On suit le parcours initiatique de cette élève prodige jusqu’à sa consécration. L’émancipation artistique et personnelle de Polina durant son apprentissage, plonge le lecteur dans les interrogations de la danseuse. Mais l’ouvrage met également en relief la complexité de la relation entre élève et professeur, qui n’est pas sans rappeler La Confusion des sentiments de Stefan Zweig.

Coté dessin, c’est un véritable ballet graphique qu’il nous livre ici. Brossés en noir et blanc, les protagonistes allient souplesse et légèreté, grâce à un trait fin, efficace et élégant. Vivès va à l’essentiel, ce qui pourra peut-être en dérouter certains, mais sa mise en image offre une sensibilité qui s’adapte bien aux personnages et à l’histoire.

Bastien Vivès, valeur montante de la BD, a décroché le prix des libraires BD 2011 pour ce livre. Une belle histoire qui devrait séduire tout (tous) les passionnés de danse !

Découvrez le blog de l’auteur.

Lucie Garillon

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