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Sti, de l’informatique au dessin, en passant par la Ferme

25 mai 2011 |

sti_introAvec Dipoula, Les Rabbit ou encore Michel, chien fidèle – qu’il réalise comme scénariste ou auteur complet -, Ronan Lefebvre alias Sti s’installe depuis quelques années chez Paquet. Au rayon humour tous publics, il vient de publier le premier tome de La Ferme, une nouvelle série de gags animaliers dans laquelle on ne s’ennuie pas. Actuellement publié dans le magazine Spirou où il collabore avec Luc Cromheecke, sur la série L’Île carrément perdue, l’auteur de 37 ans a trouvé un peu de temps dans son agenda chargé pour répondre à nos questions.

sti_pouleDéjà aux manettes de plusieurs séries, qui mettent souvent en scène des animaux, vous explorez maintenant l’univers de la ferme. Comment vous est venue cette idée ?
Cela faisait longtemps que je voulais dessiner une autre série, pour me changer un peu des automatismes des Rabbit. J’aime particulièrement dessiner des animaux avec un comportement humanisé. Habitant à la campagne, je n’ai pas été long à me décider pour ceux de la basse-cour.

Comment avez-vous réalisé ce projet ?
Je suis quasiment reparti de zéro : nouveaux personnages à apprivoiser, tant au niveau du dessin que du caractère, nouvel univers à dessiner, équilibre entre les protagonistes à trouver, nouveau ton pour l’humour qui, même s’il reste du Sti, adopte une tonalité différente des Rabbit ou de Michel chien fidèle. J’en ai profité pour essayer de monter d’un cran dans le dessin, qui me paraît nettement meilleur que sur les Rabbit – enfin je trouve… Et, pour la première fois sur cet album, je m’occupe aussi mes couleurs.

sti_bio

Dans La Ferme, vous évoquez de manière humoristique le milieu agricole, en abordant des sujets de société (OGM, produits bio, malbouffe…). Est-ce une manière de faire passer des messages ?
Ah non, pas de message ! Même si j’achète du lait ou des oeufs bios, je ne suis pas du tout militant… D’ailleurs, j’adore les fast-foods ! Le côté bio de ma ferme est un prétexte pour donner plus de pouvoirs et de ressorts comiques aux cochons, vaches et autres poulettes, et pour appuyer le fait que dans cette ferme, les animaux sont « à la cool ».

Vous jonglez entre la casquette de scénariste et celle d’auteur complet. Aimeriez-vous travailler à votre tour avec un scénariste ?
J’adorerais ça ! Mais on ne me propose jamais rien… Comme j’écris des scénarios pour pas mal de monde, on doit croire que je ne veux pas dessiner les histoires d’un autre. Je lance donc un appel !

sti_pouletSpécialiste des BD jeunesse, auriez-vous envie de mener des projets plus «adultes», ou de travailler sur des récits complets ?
Je préfère dire que je suis à l’aise dans le genre humoristique, plutôt que me qualifier de « spécialiste jeunesse ». Si effectivement mes albums sont « tous publics », je donne aussi dans des choses purement adultes pour le magazine Psikopat, avec des gros mots, du sexe, et tout ça ! J’ai déjà essayé de m’atteler à un scénario plus « sérieux »… et j’ai tenu 3 pages avant de me dire que c’était vraiment nul! Pareil pour les récits complets, ma fameuse méthode de travail (dite méthode « walegaine ») n’est pas assez carrée pour tenir sur 46 pages ! Mais je me soigne, je réalise à présent des histoires courtes de 3, 4 ou 5 pages pour la série L’Île carrément perdue, que l’on retrouve dans Spirou – avec Cromheecke au dessin. Alors un 46 pages, pourquoi pas, mais dans quelques années…

sti_afficheComment êtes-vous arrivé dans le petit monde de la BD ?
Mon parcours est assez rocambolesque. Je suis ingénieur en informatique même si, depuis tout petit, je rêve de faire de la BD. Passé 30 ans, j’ai ouvert un blog, posté pendant six mois, puis suis allé voir un éditeur dont j’appréciais les livres, Paquet. En moins de 48h, il a dit oui pour mon premier album, et m’appelait 3 jours plus tard pour me pousser à faire les premières planches, car je passais dans Mickey dans moins d’un mois. C’était mon rêve de gosse qui se réalisait ! Pendant deux ans, j’ai mené mes deux carrières de front, dessinant chaque soir de 22h à 2h du matin, après ma journée de boulot de programmeur. Petit à petit, la bande dessinée a pris le dessus, pour devenir mon travail à plein temps.

Quels sont les auteurs qui vous inspirent ?
Ça se voit dans mon style, Luc Cromheecke a beaucoup d’influence sur mon travail. Petit, Tom Carbone était l’une de mes séries préférées ! Libon a une approche du gag terrible, avec une identité graphique bien à lui. Je citerai un troisième larron, Bill Watterson, en grande partie responsable de mon amour du strip, que j’assouvis dans Mickey et Lanfeust Mag. Après, il y a des tas d’auteurs qui forcent le respect et que j’adore lire, comme Lewis Trondheim, Boulet, Jérôme Jouvray, Guillaume Bouzard. Mais ils influencent moins mon approche de la bande dessinée…

sti_celibatVous animez depuis plusieurs années un blog BD
Au début, je l’ai créé pour me remettre à dessiner et m’imposer un rythme de travail, afin de progresser… Il m’a permis de mettre un pied dans le milieu professionnel, mais depuis, j’y ai mis les deux pieds, les jambes et tout le reste du corps. Et mes albums ou travaux pour la presse m’occupent tellement, que je n’ai plus le temps d’y poster régulièrement du contenu original. Il est donc plutôt devenu une plateforme de communication à propos de mes dédicaces, des projets en cours… La blogosphère BD a accouché de quelques stars – dont je ne fais pas partie -, et c’est tant mieux, car il aurait été dommage de passer à côté de gens comme Boulet, Pénélope Bagieu, Margaux Motin ou  Laurel, qui ont pu dépasser la sphère blog et partir à l’assaut de l’édition papier. Beaucoup de gens se sont ensuite dit « pourquoi pas moi », ce qui est bien, car cela engendre une émulation créative. Si certains sont très doués, il y a aussi du moins bon, et certains resteront sur le carreau. J’espère pour tous ces bloggeurs qu’ils garderont les pieds sur terre, et éviteront la frustration si cela ne marche pas pour eux.

Que pensez-vous de l’arrivée du numérique dans la bande dessinée ? Ce support vous attire-t-il ?
Je reste attaché au papier, j’ai besoin d’avoir l’objet BD dans ma bibliothèque et entre les mains… Je me sers du numérique pour lire des extraits et découvrir de nouvelles choses.

Propos recueillis (par mail) par Romain Gallissot

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Par Sti.
Paquet, 10 €, le 23 mars 2011.

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