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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 10, 2018

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Andy

6 décembre 2018 |
SERIE
Andy
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
35 €
DATE DE SORTIE
17/10/2018
EAN
2203127376
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C’était le pape du pop-art, le plasticien qui révolutionna en partie l’art au XXe siècle, le faisant entrer dans une ère médiatique (et commerciale) nouvelle. Mais qui était Andy Warhol, le peintre aux boîtes de soupe Campbell, aux images de Marylin, Mao et Elvis, ami de Lou Reed et Basquiat? Ce personnage à la perruque argentée, qui promettait un quart d’heure de gloire à tout citoyen de la planète ? L’auteur néerlandais Typex se plonge dans la biographie de cet homme magnétique, autant vénéré que détesté, mais qui laissa une trace indélébile dans l’histoire de l’art.

andy_image1Après avoir brossé un beau portrait de Rembrandt (Casterman), Typex change de siècle et d’ambiance, pour dépeindre « la vie et l’époque d’Andy Warhol », à travers un « conte de faits ». Une bio exubérante et flamboyante, construite en dix chapitres au traitement graphique différent, pour dix moments clés de la vie de cet enfant d’immigrés d’Europe de l’Est, mal à l’aise avec son corps et sa sexualité, longtemps dépendant de sa mère, et accro au regard des autres. Un homme probablement autiste, aux idées souvent géniales, et parfois pathétiques, socialement contradictoire car détestant la solitude mais craignant le monde extérieur. Dans un style tantôt cartoon, tantôt psychédélique, faisant parfois référence aux BD américaines d’humour ou, à d’autres moments, au roman graphique européen, Typex déploie un album colossal de plus de 500 pages, hyper documenté, et parfaitement anglé sur les relations d’Andy Warhol avec son aréopage de collaborateurs et de pique-assiette, plus que sur son oeuvre elle-même. Il le montre fasciné par la provocation, le lâcher prise, par le travail des autres surtout, qu’il s’attache à mettre en scène et à en retirer le maximum de profit et d’écho. Attiré par l’argent aussi, qui doit lui assurer son train de vie et ses caprices, mais aussi ceux de ses suiveurs, toujours plus nombreux. On le voit blessant avec ceux qui le contestent, obstiné dans certaines de ses idées saugrenues (faire chanter l’Allemande Nico demeure, encore aujourd’hui, étrange), désespéré quand il perd un proche – la mort d’Eddie Sedgwick fut un traumatisme.

Multiforme et fuyant, Andy ressemble à un enfant qui ne grandit jamais vraiment, mais qui angoisse de vieillir seul et rejeté du monde. On le plaint, on le déteste, on l’admire, tour à tour. Le portrait brossé par Typex est nuancé et jamais complaisant, au contraire, au fil d’un album parfois un poil bavard et répétitif (la longue séquence sur le Velvet Underground piétine un peu), mais globalement fascinant. Aussi par sa forme mouvante et sa fabrication impeccable, de la maquette audacieuse à la tranche métallisée, qui en font une bande dessinée hors norme et un cadeau idéal pour tous les amateurs d’art du XXe siècle.

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