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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | April 12, 2021















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Contrapaso #1

9 avril 2021 |
SERIE
Contrapaso
ALBUM
Les Enfants des Autres - 1
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
23 €
DATE DE SORTIE
02/04/2021
EAN
B08Q6M6PCP
Achat :

Dans l’Espagne dictatoriale des années 1950, les meurtres n’existent pas. Quand les enquêtes ne sont pas étouffées, on exécute un bouc émissaire et on oublie tout, au plus vite. La découverte d’un cadavre de femme sur les berges d’une rivière va pourtant lancer deux journalistes de fait-divers, le phalangiste désabusé Sanz, et le jeune idéaliste Léon Lenoir, dans une enquête qui les confrontera au passé, celui de la victime, celui de l’Espagne, mais aussi le leur.

contrapso 4Sous la douce aquarelle, Contrapaso cache un récit d’une noirceur éclatante. Tout en dévoilant page après page une intrigue policière palpitante (et assez terrifiante), l’album a aussi une portée historique et documentaire fascinante. Grâce à des personnages et évènements fictifs, Teresa Valero entraîne le lecteur dans la réalité d’une période sombre dont le commun des mortels de ce côté-ci des Pyrénées ignore tout. Elle arrive sans temps mort à décrire le quotidien des Espagnols de toute extraction sociale, à évoquer le système dictatorial et la censure, mais révèle aussi des secrets bien plus dérangeants.

Au cœur de ce marasme de faux-semblants, Sanz et Léon sont des personnages principaux denses et imparfaits, des anti-héros gris, loin des clichés manichéens et simplistes des buddy-stories. Leur caractère se dévoile et s’explique peu à peu alors que leur relation prend le temps de se construire. Un travail de l’autrice sur ses personnages (principaux comme secondaires d’ailleurs) qui ne les rend que plus réalistes et crédibles.

Si le scénario et l’ensemble des thèmes durs et puissants qu’elle aborde suffirait à faire de cet album une BD d’exception, ce serait trop vite oublier le talent graphique de Teresa Valero. Son dessin rappelle celui de Guarnido (Blacksad), non seulement par l’ambiance et le style des années 50, mais par le trait lui-même, le travail des couleurs ou celui des expressions. C’est toujours un régal pour les yeux, même quand l’autrice nous montre la pauvreté, la violence ou la mort.

Contrapaso est une œuvre entière, qui se suffit à elle-même, mais qui laisse suffisamment de portes ouvertes pour devenir une série. Espérons alors que Teresa Valero se montre à la hauteur du défi qu’elle s’est elle-même imposée avec ce premier tome proche de la perfection.

contrapaso 3

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