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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 18, 2017

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8 Comments

Dans l’atelier de Frank Margerin (1)

16 octobre 2008 |

margerin_intro.jpgLucien revient, et il a toujours la banane. Le rocker est désormais quinquagénaire et tente de remonter un groupe avec ses copains. L’occasion de faire le point sur la carrière de Frank Margerin et de visiter sa caverne d’Ali Baba, pleine d’objets hétéroclites.

Dans l’atelier de Frank Margerin

En poussant la porte de son atelier, installé dans une charmante impasse du 15e arrondissement parisien, on a le sentiment d’entrer dans un musée. Partout, des objets témoignent du goût de Frank Margerin pour les « vieilleries », comme il dit. On s’installe entre une moto et une guitare, face à des piles de vinyles et à un artiste qui se dit fatigué. D’abord peu loquace, le créateur de Lucien et de Momo le coursier se livre progressivement, pointant ses doutes et son côté angoissé, puis rigolant de son expérience musicale. Car Frank Margerin a vraiment été une rock star – ou presque. Rencontre avec un auteur à la simplicité désarmante.

Propos recueillis par Laurence Le Saux

lucien_case_02.jpgLucien

« Il n’y a pas eu de nouveau Lucien pendant huit ans. Le temps a passé sans que je m’en rende compte… Ce personnage ne m’a pas manqué plus que cela : j’entretiens avec lui une relation de vieille amitié, quand je le retrouve c’est comme si je l’avais quitté la veille. Et puis je ne sais pas enchaîner album sur album. Dommage, car je serais plus riche ! Pour ce neuvième épisode de Lucien, je n’avais pas envie de refaire la même chose que dans les huit albums précédents. J’avais l’impression d’avoir fait le tour de la vie de ce jeune rocker. Et je voulais plutôt raconter mon expérience de quinquagénaire, en exploitant les stéréotypes habituels : Lucien a des problèmes de prostate, il ne comprend pas les lubies de ses enfants, il aime se vautrer sur le canapé en buvant une bière devant un match de foot… Toutefois, je ne voulais pas lui faire perdre sa banane. Avec lui, ses gamins sont impitoyables, il n’a pas la grosse cote auprès d’eux. Et cela lui donne envie de se prouver que tout n’est pas fini, même si à 50 ans son bilan est plutôt moyen. Quand on est jeune, on fantasme d’être une rock star, de devenir les Stones à la place des Stones… Et puis il faut arrêter de se bercer d’illusions. Dans cet album, j’ai placé certains éléments autobiographiques – j’ai un fils de 13 ans qui ressemble au jeune Eddy de la BD -, mais je suis différent de Lucien à ce niveau-là. Je ne suis pas déçu par mon propre parcours : faire de la bande dessinée était pour moi un rêve de jeunesse, et j’arrive toujours à en vivre. J’ai toujours la moto, la musique et les bons copains.

margerin_frank.jpgLucien est né par hasard en 1981, dans une histoire réalisée pour Métal Hurlant. À l’époque, je me sentais obligé de coller à la ligne éditoriale du magazine et de faire de la science-fiction. Puis Philippe Manœuvre est arrivé, avec l’idée d’un numéro spécial rock. J’ai alors créé Lucien et ses copains, qui n’étaient pas censés revenir. Mais j’ai eu un déclic, c’était la première fois que je racontais une histoire aussi personnelle, dans laquelle je pouvais mettre mes copains. Et puis il y a eu des retours positifs du public – des gens qui aiment s’amuser, pas uniquement des motards ou des rockers à rouflaquettes. Donc Lucien a continué, et au bout d’un moment j’ai arrêté le reste, ne me consacrant qu’à lui.

Lucien est un personnage assez ordinaire, sans identité forte. Il n’écrase pas son créateur. L’ambiance banlieue-musique des albums est plus marquante que leur héros. Du coup, je ne me sens en aucun cas prisonnier de ma créature. Quand je me lance dans l’une de ses aventures, c’est comme si j’entrais dans une cour de récré, ou que j’ouvrais un album de famille. Il a été question d’une adaptation cinématographique de Lucien. J’ai eu des tas de déjeuners avec des tas de producteurs, mais personne n’a souhaité faire le premier pas… Il aurait fallu que j’écrive le scénario sans aucune avance financière, et j’ai refusé. Donc le projet est au frigo pour l’instant. Dommage, car je reste persuadé qu’il y a un truc à faire avec ce personnage sur grand écran. »

Manu et Momo

margerin_moto.jpg« En 1990, j’avais créé Manu, un jeune teigneux et emmerdeur, tout le contraire du débonnaire Lucien. Il s’est développé au fil d’une série animée, dont j’ai récupéré les droits. J’ai fait numériser une grande partie des épisodes, et j’aimerais maintenant remettre Manu sur le marché.

Momo, lui, est le Lucien des années 2000 [trois épisodes de la série sont parus entre 2002 et 2005]. Je trouvais amusant de faire de ce héros un beur, pour mieux parler de notre époque. Parmi mes lecteurs, certains crétins ont fait la grimace en le découvrant, ils ne comprenaient pas le choix de ce personnage. Je voulais un type mobile, d’où son métier de coursier, pour ne pas risquer d’en faire une racaille type en le cantonnant au hall de son immeuble. Je ne sais pas encore si je lui ferai vivre d’autres aventures, faute de temps. »

Son parcours

« J’ai eu le goût du dessin dès l’enfance. Mon père était un artiste peintre décorateur, qui passait ses journées dans son atelier. Moi, j’étais un garçon timide, pas très bien dans sa peau, qui noircissait du papier au bic. J’inventais des histoires guerrières sanglantes, avec des soldats allemands ou des vikings. À l’école, mes résultats étaient très moyens. Mais mes parents se sont réjouis de ma passion pour le dessin et m’ont encouragé dans cette voie. À 16 ans, je me suis inscrit aux Arts Appliqués. Deux ans plus tard, je quittais la HLM de la porte d’Asnières à Paris, où je vivais avec ma mère, pour emménager dans un pavillon de Châtillon-sous-Bagneux [ville aujourd’hui rebaptisée Châtillon] avec des potes.

À l’époque, je ne savais pas qu’auteur de BD pouvait être un métier. En sortant des Arts Appliqués en 1974, j’ai travaillé dans la pub et dans l’illustration, car je ne me sentais pas assez calé pour écrire mes propres scénarios. Chez Nathan, Bernard Farkas, l’un des fondateurs de Métal Hurlant, m’a conseillé d’aller voir Jean-Pierre Dionnet. En 1976, ma première histoire paraissait dans le journal… »

Retrouvez la suite de cette article lundi sur www.bodoi.com

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Lucien #9

Par Frank Margerin.
Fluide Glacial, 9,95 €, le 8 octobre.

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Photos de ce dossier © BoDoï et images © Fluide Glacial

Commentaires

  1. PIL451

    y’a pas un bug là?
    on peut pas acceder a l’article…
    …ça commence bien !!!

  2. PIL451

    y’a pas un bug là?
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    …ça commence bien !!!

  3. Effectivement, l’article n’était pas lisible pour les utilisateurs d’Internet Explorer. Nous réparons ça.

    On en profite pour rappeler que vous naviguerez mieux sur ce site (et ailleurs) en utilisant le navigateur Mozilla Firefox 😉

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  5. AH, l’atelier de Margerin ! Tout un poème… destroy !

    Tiens, allez donc jeter un oeil sur le petit film célébrant à la fois le retour de Lucien et l’arrivée de Margerin chez Fluide Glacial :
    http://www.fluideglacial.com/lucien

  6. AH, l’atelier de Margerin ! Tout un poème… destroy !

    Tiens, allez donc jeter un oeil sur le petit film célébrant à la fois le retour de Lucien et l’arrivée de Margerin chez Fluide Glacial :
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