Exquisite Corpses #1-3
Depuis 250 ans, à intervalles réguliers, les 12 familles les plus riches des États-Unis se livrent en secret une joute sanglante, le temps d’une nuit d’Halloween de folie : chacune se choisit un champion et le dernier survivant octroiera au clan vainqueur les pleins pouvoirs pour 5 ans. Des JO de la mort qui ne vont pas sans quelques dommages collatéraux. Si peu… La ville d’Oak Valley dans le Maine va le découvrir à ses dépens, choisie à son corps défendant pour servir d’arène à ce battle royale. Ses habitants vont peu à peu réaliser que 12 psychopathes prêts à en découdre ont envahi leurs rues habituellement si tranquilles, alors que la police a été payée pour fermer les yeux sur la boucherie à venir.
Un peu too much le dernier projet en date du prolifique James Tynion IV (Nice House on the lake, Something is killling the children) ? Vous n’avez encore rien vu. Les puissants mécènes de cet American nightmare sont ici aussi décadents qu’on pourrait l’imaginer. Mais ce n’est rien à côté des tueurs envoyés effectuer la basse besogne. Tous ont été mitonnés avec un sens assumé de la démesure. On a affaire à des personnages de jeux de baston console, chacun pourvu d’une arme différente, d’un costume over the top et d’une persona marquée. Parmi eux : un lapin géant adepte de la strangulation, un infirmier empoisonneur ou encore, une samurai à masque de renard pourvue d’un katana affuté.
La subtilité n’est pas vraiment un critère, le discours politique sur l’oligarchie très sommaire, ce qui prime c’est le fun et l’action, débridée et saignante. Cela n’empêche pas Tynion IV et son cocréateur Michael Walsh d’avoir de l’ambition pour Exquisite Corpses. Le projet est pensé comme une licence déclinable à l’infini, en spin-offs mais aussi sur d’autres mediums. Et ils s’en sont donné les moyens au sein du label Tiny Onion créé par le scénariste de Department of Truth, mobilisant pour les assister à l’écriture une équipe comprenant des noms aussi prestigieux que Jordie Bellaire (aussi à l’oeuvre à la colorisation ici) ou Pornsak Pichetshote (The Good Asian). Il faut avouer que ça fonctionne : tout ce petit monde se tire très bien de la galère absolue que représente la nécessité de poser les règles de leur jeu, de présenter chaque mécène, chaque champion mais aussi une poignée de résidents d’Oak Valley qui vont nous servir de témoins. Cela fait beaucoup et pourtant la série, publiée chez nous par Urban à un rythme mensuel sous la forme de 7 épisodes (déjà 3 épisodes parus), se lit avec beaucoup de plaisir. Notamment grâce au dessin et au découpage ultra-efficaces de Michael Walsh. Vraiment exquis ces cadavres.






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