Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 7, 2022















Retour en haut de page

Haut de page

No Comments

Khat – Histoire d’un réfugié

25 novembre 2022 |
SERIE
Khat
ALBUM
Khat
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
22.90 €
DATE DE SORTIE
17/06/2022
EAN
2889085961
Achat :

Khat CaseNatan est né en Afrique. Dans l’un des pays les plus pauvres du continent. Le jeune Érythréen fuit la dictature dès son plus jeune âge avec son père. Sa mère restée au pays mourra en essayant de faire passer la frontière à nombre de ses concitoyens. Arrivée en Éthiopie, la vie n’est pas facile pour autant. Il se retrouve forcé à vivre dans un bidonville en marge d’Addis-Abeba, lieu où tous les immigrés sont parqués. Les journées sont rythmées par la fouille des déchetteries, des poubelles des quartiers riches et une peur incessante de mourir dans la misère. Après moult péripéties et séjours en prison, il tente de rejoindre les côtes européennes, rêvant d’une vie meilleure.

On le sait et on le voit plus que jamais, nombre d’Africains quittent le continent en bateau pour tenter de se réfugier en Europe. Ces embarcations nous semblent si lointaines, nous, Européens, vivant dans une bulle protectrice loin de l’effroyable quotidien que subissent ces femmes et ces hommes. Bagarres, rejets, emprisonnements abusifs, maladies, recherche incessante de nourriture, squat, contrefaçon… la vie de Natan, comme celle de plein d’autres, est un combat au quotidien. Au point même que quand il prend le risque de se rendre en Europe, il ne prend finalement pas bien plus de risques que lorsqu’il tente de survivre chaque jour en Éthiopie, au Soudan, au Tchad, en Égypte, en Libye, ou dans n’importe laquelle des prisons en plein désert qui enferment, font travailler, violent, torturent, pillent ou rackettent ces apatrides repoussés de partout où ils mettent les pieds.

Avec une surprenante économie de moyens, Ximo Abadía parvient à saisir le parcours effroyable et si tristement commun de Natan. Il a un nom, mais ses traits filiformes pourraient être ceux de n’importe lequel de ces Africains fuyant leur quotidien. Tout au long de ces 144 pages, dures, Natan fait tout pour s’en sortir. À l’image de ce qu’est le jeune homme, la narration ne s’apitoie pas sur son sort. Le dessin à la craie grasse de l’illustrateur espagnol est expressif, évocateur et universel. À la limite de l’art brut et de l’abstraction, ses personnages sont à la fois ceux de son récit, et tous les autres dont il ne parle pas directement.

Traduction : Anne Calmels et David Schavelzon

Khat Planche

Publiez un commentaire