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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 18, 2017

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La BoDoïthèque – Un gentil garçon

20 juillet 2011 |

Ni liste des 100 meilleures BD de tous les temps, ni même bibliothèque idéale et définitive, la BoDoïthèque est une suite de petits panthéons personnels des rédacteurs de BoDoï. Une sélection d’albums hors actualité, qui comptent pour nous, qui nous ont marqués, qu’on relit encore. Nos coups de coeur intemporels et personnels. Et une bonne façon de passer l’été à vous parler de bandes dessinées, et vous donner envie d’en lire.

bodoitheque_un_gentil_garconUn gentil garçon.
Par Shin’ichi Abe (Traduit du japonais et commenté par Béatrice Maréchal).
Cornélius.

Shin’ichi Abe est un auteur de mangas autobiographiques, ou plus précisément de watakushi-manga (comprendre « bandes dessinées du moi »). On reconnaît chez lui l’influence de Yoshiharu Tsuge (L’homme sans talent) dans certains récits du présent recueil, notamment dans Images de Vauriens où le décor est si ressemblant qu’il ne peut être qu’un clin d’œil assumé. On distingue aussi le même talent que son ainé pour transcrire les petits riens de la vie, qui touchent et bouleversent le lecteur sans abuser de pathos.

Extrêmement riche, Un gentil garçon est composé de onze histoires de 4 à 38 pages. Elles ne forment pas une biographie linéaire, loin de là. Il est même parfois difficile de faire le lien entre elles. Reste que le tout est intimement lié à la vie de l’auteur, à ses émotions, à son vécu et à l’omniprésence de la femme qu’il aime plus que tout. Véritable fil rouge de cette œuvre, la femme soutient constamment cet homme fragile à deux doigts de la dépression.

Le trait de Shin’ichi Abe est très expressif et sombre. N’utilisant que très peu de trames, les traits du pinceau et de la plume noircissent les pages avec une grande liberté. L’auteur est aussi talentueux pour mettre en place une atmosphère très humaine qu’il soutient par de rares onomatopées toujours bien placées et qui font parfaitement sens. Car le mangaka est méticuleux : chaque planche, chaque case, chaque expression, chaque position a son importance. Un regard, un silence, des non-dits ou des cadrages peuvent en dire long. Pour s’en convaincre il suffit de lire les quatre planches muettes de la nouvelle Le Chat, où chaque case a un potentiel évocateur rare.

Ce livre se lit, se relit, encore et encore avec toujours plus de plaisir. Par désir de redécouvrir ces ambiances, mais aussi par envie d’aller plus loin, de combler les vides et de trouver une cohérence supérieure à celle de la nouvelle. Le parfait travail éditorial de Cornélius et l’inestimable apport de la traductrice Béatrice Maréchal rendent hommage au mangaka et à son titre d’exception. Les commentaires permettent d’ailleurs de comprendre et d’apprécier réellement quelques nouvelles présentes dans un précédent ouvrage de l’auteur paru il y a quelques années au Seuil : Les Amours de Taneko – suivi de vengeance.

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