New Gods #1
Les New Gods, groupe de superhéros cosmiques battant pavillon DC, on les avait redécouverts grâce à Tom King dans son décidément séminal Mister Miracle. Ce panthéon touffu qui règne sur les planètes Néo Genesis et Apokolips est une création de Jack Kirby, qui y évacua au début des années 1970 une partie de ses frustrations d’auteur accumulées chez Marvel, sans rencontrer le succès escompté.
Chargé de relancer une série régulière qui prend justement la suite du travail de Tom King, Ram V imagine la mort de la némésis Darkseid. Mais ce dernier pourrait renaître sur Terre dans le corps d’un enfant. Orion chargé de la basse besogne de l’exécuter et taraudé par sa conscience, demande à son frangin Scott Free, roi de l’évasion et Terrien d’adoption convaincu, d’évacuer le malheureux bambin en urgence.

Ram V et Evan Cagle s’en tirent plutôt bien pour moderniser le Quatrième Monde de Kirby, par exemple en alternant les narrations et styles visuels, en confiant régulièrement le dessin à d’autres artistes (dont par exemple Filipe Andrade le complice de Ram V sur Laila Starr et Le Dernier Festin de Rubin). Mais l’excellent Cagle a beau déployer son talent pour pimper les New Gods, rien n’y fait, on s’ennuie ferme. La faute à des enjeux inutilement compliqués, des personnages désincarnés et une langue assommante inhérente au matériau d’origine. Des répliques telles que « Kien principal un. Envoyez le Sferstrom ! » auront raison de la meilleure volonté du lecteur et ce n’est pas l’irruption de Superman en guest qui viendra y changer quoi que ce soit. Tom King a eu la chance de s’approprier les Nouveaux Dieux comme un prétexte pour explorer l’intimité du couple Scott Free-Big Barda. C’était sans doute la meilleure manière d’approcher ce monde-là.
Traduction : Mathieu Auverdin





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