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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 22, 2019















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Redbone

19 mars 2019 |
SERIE
Redbone
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
30/01/2019
EAN
2368461809
Achat :

Redbone, vous connaissez ? Ce groupe de musiciens amérindiens né dans les années 60, dans le contexte de fin de ségrégation aux États-Unis et de la fondation du American Indian Movement en 1968? Un jour ordinaire, Lolly et Pat Vasquez rencontrent le producteur Bumps Blackwell, un manager qui a pignon sur rue. Les voilà lancés, d’autant qu’ils ont du talent à revendre. Ils jouent au Sunset Trip puis accueillent Mike Kowalski à la batterie ou croisent Jimi Hendrix, qui leur glisse l’idée de fonder un groupe composé exclusivement d’Indiens, du nom de Redbone. Redbone, ça sonne bien pour un groupe de rock indien, non ?

RedBone_pl4Une biographie de 160 pages par un fin connaisseur du groupe, Christian Staebler – qui a d’ailleurs créé un site consacré à Redbone –, pourquoi pas. C’est tout de même le groupe de rock indien le plus célèbre, une bande des années 70 avec une dizaine d’albums au compteur et icône de toute une génération. Ici, Pat Vegas et sa fille discutent de l’histoire du groupe et reviennent sur quelques épisodes marquants, des débuts timides jusqu‘aux succès, sans éviter les incontournables dissensions. Trop de pression, trop de fatigue, des problèmes de droits et d’argent… Plus intéressants sont les passages sur l’éveil d’une conscience politique en parallèle des succès du groupe, comme « la prise de conscience de tout un peuple » et les premières luttes pour les droits des indiens via l’American Indian Movement (AIM). Le talent musical se double d’un engagement militant, le groupe jouant le rôle de héraut et porte-voix de tout un peuple qui se revendique désormais indien.

Malgré tout, on ne se passionne pas vraiment pour cette histoire à la narration molle et à la chronologie étrange. Les compositions et découpages, pour dynamiques qu’ils soient, ne facilitent pas la lecture. Sans cases ou si peu, les pages montrent des textes placés un peu au hasard et il faut faire un sérieux effort pour tout suivre. D’autant que le dessin, lui aussi, étouffe un peu entre les lignes de texte (ou est-ce l’inverse ?). Le graphisme de Thibault Balahy, toujours élégant et adapté au fond, souffre ainsi d’une débauche d’effets. On comprend que les auteurs aient souhaité dynamiser l’ensemble – normal pour un groupe de rock – mais ça part dans tous les sens : un effet crayonné ou barriolé, du lavis, du sépia, un rendu charbonneux ou un trait fin et réaliste, on finit par se perdre. C’est d’autant plus dommage que certaines pages sont splendides et qu’on sent la passion, la sincérité et l’enthousiasme derrière tout ce travail de recherche et de documentation. Mais on s’ennuie et l’on risque d’oublier assez vite cette biographie scolaire.

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