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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 22, 2021















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René.e aux bois dormants

20 septembre 2021 |
SERIE
René.e aux bois dormants
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
32 €
DATE DE SORTIE
01/09/2021
EAN
2377316980
Achat :

renee-aux-bois-dormants_image1René est un petit garçon craintif, sujet à des « absences » selon sa mère, à qui il ne ressemble pas du tout. Ce petit bonhomme aux cheveux noirs et au regard profond, au physique tout amérindien, vit en effet une existence intérieure complexe et magique. Un monde chatoyant et effrayant, expression des traumas qui le rongent et espace de fuite pour espérer survivre. D’ailleurs, René, telle Alice poursuivant le lapin, s’y plonge corps et âme. Change de sexe, de passé, de racines. Rencontre des divinités et des êtres maléfiques. Et c’est toute une histoire familiale douloureuse, et même celle d’un pays, qui se révèle.

Il est des livres aussi fascinants qu’impénétrables, qui attirent, interrogent, bousculent. René.e aux bois dormants est de ceux-là, et il ne laisse pas indemne. Mais, avant de s’y confronter, il n’est peut-être pas inutile de savoir qu’il a été inspiré par la rafle de milliers d’enfants autochtones à leur famille, dans les années 1960 au Canada, pour les donner à des familles blanches. Cela aide à comprendre l’idée de l’autrice Elene Usdin, artiste aguerrie dont c’est la première BD : vivre une plongée psychanalytique dans l’esprit d’un enfant enlevé, et dans celui de toute une population déchirée par ce drame. René.e a une identité déchirée, entre homme et femme, entre enfant et parent, entre mythe et réalité. Sa chevauchée fantasmagorique est ainsi ponctuée de séquences contemporaines qui mettent en scène son fils/sa fille, découvrant la faille de son père désormais décédé après une vie instable et douloureuse.

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Le scénario, non linéaire et tout en faux-semblants, n’est pas simple à suivre. Mais pour peu qu’on accepte de se laisser happer par le trouble et de se faire bringuebaler dans le tumulte cauchemardesque de vies brisées, l’expérience de lecture est d’une puissance rare. Le trait voluptueux et musculeux, les couleurs éclatantes et vibrantes, le découpage tout en grandes cases parfaitement composées, le lettrage faussement enfantin : visuellement aussi, le résultat est saisissant. Il est des livres aussi sensoriels que magnétiques, de ceux qui restent longtemps en tête : René.e aux bois dormants est de ceux-là.

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