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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 18, 2019















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Sélection BD érotiques #20

8 octobre 2019 |

Dans cette nouvelle sélection, trois BD pour adultes avec beaucoup d’humour dedans (pas toujours très fin, ok) et une oeuvre pas érotique mais qui interroge la violence de l’imagerie pornographique et les dégâts qu’elle peut causer chez les plus jeunes.

deesse-couvDéesse

Avec Comtesse, récit muet délicat et très hot sous le décorum, Aude Picault avait magistralement ouvert la collection BD Cul des Requins Marteaux. Elle revient avec une relecture de la Bible, rien que ça. Et du mythe de Lilith en particulier. Une relecture humoristique et surtout féministe, qui prône le plaisir comme moteur d’émancipation et tourne en ridicule les dogmes (forgés par des hommes) qui restreignent (hypocritement) le sexe à une mécanique de la procréation. De sa ligne fine allant à l’essentiel, elle brosse une Ève nunuche qui se laisse avoir par le frustré Adam, une Lilith magnétique et voluptueuse, et joue avec malice de l’espace de la petite page pour titiller le lecteur, d’un simple regard, d’une courbe ou d’un jaillissement de hachures divines. Un ravissement, intelligent, drôle et excitant.

Par Aude Picault. Les Requins Marteaux, coll. BD Cul, 14 €, septembre 2019.

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Happy Sex #2

Zep avait surpris tout le monde en 2009 avec son premier Happy Sex, recueil de gags aussi hilarants qu’explicites. Car si l’on connaissait l’intelligence de l’auteur de Titeuf quand il s’agissait d’évoquer le « zizi sexuel » auprès des enfants, on n’imaginait pas que sa carrière allait prendre un virage adulte. Depuis, il a bien exploré le champ de la BD non jeunesse, mais dans des registres non réservés aux plus de 18 ans (Une histoire d’homme, Un bruit étrange et beau, The End…). En cette rentrée 2019, le revoilà avec une nouvelle salve d’Happy Sex, au dessin toujours aussi savamment élastique et à l’humour toujours aussi malin. Alors bien sûr, dix ans après, l’effet de surprise s’est estompé et certaines pages ont un goût de déjà lu. Mais l’ensemble reste tout à fait réjouissant, car Zep impose son style avec talent, jouant sur le détail d’une expression, l’exagération d’une anatomie, et surtout le rythme de la narration, toujours parfaitement dosé. Franchement, des blagues de sexe de ce niveau, on en prendrait même un peu plus souvent qu’une fois par décennie.

Par Zep. Delcourt, 17,50 €, septembre 2019.

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SexxionX-couvSexxion X – Chattes hurlantes sur Grossenchtein

Amateurs de romance ou de poésie, vous pouvez passer votre chemin. Voici une parodie sexuelle de feuilleton de guerre pas fine pour un deutschemark, mais qui assume à 200% son côté exagéré, gagnant par là une certaine sympathie. On suit des résistants chevronnés partir sauver un scientifique et sa famille des griffes (et des sangles) d’une bande de nazis pervers. Débauche joyeuse d’un côté, sévices en tous genres de l’autre, ce premier tome de Sexxion X jouit d’un scénario totalement idiot, pastichant les pires films de guerre mâtinés de fantastique, avec force jeux de mots ras-les-pâquerettes et SM outrancier. Mais avec suffisamment de second degré (voire au-delà) pour détendre l’atmosphère. Côté dessin, la ligne claire façon cartoon se révèle affriolante, raccord avec l’histoire. Une pochade porno plus fun que torride, mais par moments sacrément osée.

Par Howard Mc Cock et David Cénou. Tabou éditions, 15 €, septembre 2019.

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Carnage

Pour composer ce livre troublant, Florence Dupré la Tour (Cruelle, Cigish…) s’est appuyée sur une imagerie pornographique telle qu’on la trouve sur le net. En préface, elle se dit fortement angoissée par « la surenchère de violence à l’encontre du corps des femmes » qu’elle a observée dans ces vidéos. En une poignée de courts chapitres, elle plonge le lecteur dans le malaise du voyeur, joue avec les formes, les ombres et le silence, pour interroger la puissance des images et leur sens profond. Elle met en scène un viol qui détruit l’innocence, des séquences de gang-bang désincarnées et humiliantes, et un dialogue intérieur d’une rare violence psychologique, car dessiné à la façon d’un cartoon glauque. Pour conclure qu’il n’existe pas de résilience pour les petites filles meurtries dans leur chair et leur âme par la violence sexuelle imposée par l’imagerie pornographique. Carnage est un livre qui secoue comme rarement. Car il est fait avec des pinceaux et des tripes, par une auteure sans concession.

Par Florence Dupré la Tour. Mauvaise foi, 20 €, février 2019.

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