Terre ou Lune #1
Othello vit en foyer, depuis que sa mère l’a manipulé pour verser un poison dans le verre de son père… Après quatre ans, il a enfin l’opportunité de changer d’air, et de faire un stage auprès d’une association d’ornithologie dans son ancien village. L’occasion de renouer avec de vieux camarades (pas simple) et d’en savoir plus sur le passé de ses parents (pas plus simple, et douloureux). Mais aussi de comprendre les fondements et enjeux de la société dans laquelle il a grandi. Car Othello et ses compagnons vivent… sur la Lune.
Jade Khoo avait impressionné avec Zoc, un album d’une grande originalité et d’une rare maîtrise pour une première œuvre. La revoilà pour un projet d’une toute autre ampleur, une histoire en deux parties dont le premier tome compte près de 300 pages, et entièrement réalisé à l’aquarelle. L’autrice joue avec brio des ombres et lumières, des teintes d’aube ou de soirs d’été, dans une palette riche qui épouse à merveille son trait fin et la tonalité douce amère de son récit. Car au-delà de la maestria technique, au service d’un dessin qui synthétise avec grâce les influences japonaises et européennes, Jade Khoo tisse un scénario complexe et émouvant, animé par des personnages subtils. Ainsi, son jeune héros porte l’impossible culpabilité d’un parricide, sans avoir jamais pu en comprendre les raisons, et marche vers cette vérité confisquée en redécouvrant l’importance de l’amitié. Et ce, dans un univers de science-fiction étonnant, sorte de lénifiante dictature anti-art dans un décor chatoyant. On dévore cet album, tantôt contemplatif, tantôt grave, tantôt lumineux, tantôt déchirant. Et à la fin, en le refermant à la nuit tombée tout en espérant sa suite le plus vite possible, on lève la tête, et on regarde la Lune, un peu différemment.






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