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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | July 20, 2024















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Time paradox ghost writer #1-2

6 mars 2023 |
SERIE
Time paradox ghost writer
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
6.99 €
DATE DE SORTIE
07/12/2022
EAN
2820343953
Achat :

TPGW 01_OK-CLEM.inddTeppei veut devenir mangaka et rêve d’être publié dans le sacrosaint Weekly Shōnen Jump. Pour sûr, le chemin pour y parvenir est ardu : il enchaîne les refus de manuscrits. Cependant, magie, un jour de désespoir (et d’énième refus), son micro-onde se détraque et lui fait parvenir tout droit du futur un Shōnen Jump daté de 2030. Au sommaire, une nouvelle série d’une autrice au talent fou. A-t-il rêvé ? Le magazine lui parviendra-t-il toutes les semaines de cette manière ? Qu’importe, il couche sur le papier cette histoire et court présenter cette œuvre qui n’est peut-être finalement que le fruit de sa propre imagination !

Quiconque s’intéresse un peu au manga sait qu’un titre issu du magazine Shōnen Jump aussi court, c’est généralement louche. Et pas de surprise, la série a été annulée en cours de publication quelques jours à peine après la sortie du premier tome en librairie… Ce n’est cependant pas pour cela que le titre est inintéressant. Tout d’abord parce qu’à l’heure où il est assez évident que les blockbusters mangas peuvent se penser au niveau mondial, plutôt que centré sur la simple et expéditive sentence du lectorat japonais, cette série et son arrêt prématuré mettent en évidence un certain paradoxe par rapport à la politique d’extension mondiale de l’éditeur, notamment via la mise en disposition gratuite et légale de nombre de ses parutions en ligne en langue étrangère. Mais aussi parce que ce verdict entre dans une étrange résonance avec le propos développé par les auteurs : leur histoire a beau reposer sur un effet fantastique, elle ne parle pas moins du plagiat, de l’assistanat, du métier d’auteur, de celui d’éditeur et de manière générale des difficultés liées à la création.

Finalement, ce manga n’avait pas vraiment à rougir face aux productions connexes du magazine, et proposait quelque chose d’assez neuf et d’un peu plus adulte tout en abordant la création moins frontalement que dans les mangas parlant du métier de mangaka. Même si l’on sent que le scénario commence à bifurquer dans le dernier tiers (les auteurs étant sommés de conclure leur récit en une poignée de chapitres), Kenji Ichima parvient à s’accrocher aux branches et à mettre Teppei face à sa création et à son potentiel artistique. Lui et son personnage principal prouvent leur détermination et l’abnégation nécessaire à la publication d’un manga, et encore plus dans un magazine de prépublication de cette envergure. Obligé de faire des choix cornéliens, le scénariste ne parvient évidemment pas à répondre à toutes les questions que l’on se posait, mais fait un pas de côté qui convainc.

Côté dessin, contrairement à sa première série, il laisse la place à un de ses confrères ayant déjà publié quelques mangas dans le magazine et ayant été assistant de Hideaki Sorachi sur Gintama et d’Eiichirō Oda sur One Piece. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les planches de Tsunehiro Date font preuve d’un savoir-faire flagrant. Son design moderne sans être emprunté est dynamique, expressif et détaillé. Il est donc difficile de ressortir de cette lecture uniquement déçu, même si, évidemment, les auteurs avaient certainement beaucoup d’autres choses à nous dire…

Peut-être serait-il temps que le Shonen Jump mute et se permette d’utiliser tous les moyens et lectorats à sa disposition pour éviter de clouer au pilori des mois de création au bout d’une petite dizaine de chapitres ?

TIME PARADOX GHOST WRITER © 2020 by Kenji Ichima, Tsunehiro Date/SHUEISHA Inc. – Traduction : Lilian Lebrun

TPGW 01_OK-CLEM.indd

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