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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 18, 2017

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10 Comments

Un oeil sur les comics #2 : Criminal

18 septembre 2009 |

oeil_comics_intro.jpg Pour sa deuxième chronique comics sur BoDoï, Thomas Rivière (animateur du blog ComicsPlace) délaisse l’univers des super-héros pour se plonger dans celui du crime comics, un genre qui est à la BD ce que le film noir est au cinéma. Il possède ses codes et ses thèmes récurrents mais, sous la plume du talentueux scénariste Ed Brubaker, cela donne Criminal, une série devenue en quelques tomes une véritable référence du genre.

Peu importe qu’on l’appelle comics, manga, fumetti ou manwha, peu importe le format, la langue ou le grain du papier, l’important dans la bande dessinée, c’est avant tout l’émotion. En lisant une BD, on peut être ému, bousculé, étonné, surpris, séduit, bouleversé… On peut tout à la fois aimer la poésie de Frederick Peeters dans Lupus, le coup de poing de Mark Millar dans Kick-Ass (en novembre chez Panini), criminal_4_image2.jpg la sensibilité d’un Combat ordinaire, l’onirisme de Rabaté, la plume de Bendis, la beauté de Nadia, le secret de l’eau bleue, la force du Batman de Miller, la finesse du trait de Frank Quitely, et j’en passe…

Cette année, j’ai découvert une série qui m’a donné une claque comme rarement les récits en infligent. Il s’agit de Criminal chez Delcourt, le polar des surdoués Ed Brubaker et Sean Phillips, dont le quatrième tome est sorti ces derniers jours en librairies. Chaque tome de Criminal raconte une histoire isolée mettant en scène des criminels, des petites frappes, des putes et des mafieux, évoluant ensemble dans un univers poisseux et sexy : la violence y est un langage, l’alcool et la drogue sont à la carte dans tous les restaurants, et la morale est une valeur oubliée – bien qu’elle refasse parfois surface, le temps d’un rayon de soleil qui jamais ne réchauffe. Criminal est noir comme le sang séché sur un trottoir, plein de cartilage et de dents cassées. Ça sent la peur et le tabac froid, la bibine coupée à l’antigel et la bière tiède. Comme si on y était.

criminal_couv.jpg

Cette série noire est avant tout un scénario brillant, signé par Ed Brubaker, qui nous a déjà régalés de titres incroyables, parmi lesquels Gotham Central, Authority Revolution, Point Blank et Sleeper. Dans un autre registre, il écrit aussi pour Daredevil et Captain America. Pour Criminal, il a créé sa ville, son Sin City à lui, avec ses héros, ses losers, ses histoires d’amour qui sentent la vérole et ses espoirs de billets verts gagnés en versant le sang des autres. criminal_crack.jpg Un univers qu’il construit à chaque tome, brique après brique. Même si les histoires et protagonistes sont à chaque fois différents, on retrouve des lieux, des gens croisés dans le chapitre précédent, des rues qui semblent familières. L’une des grandes forces de cette série est d’avoir créé une ruche des bas-fonds, dont les membres gravitent autour du héros d’un soir… avant de passer au suivant. Dans ce quatrième tome, on suit Jacob, personnage morne qui a laissé loin derrière lui un passé de faussaire. Maintenant, il fait de la BD. Mais, depuis son inculpation pour le meurtre de sa femme (victime en réalité d’un accident de la route), il souffre d’insomnie et erre chaque nuit dans les rues de la ville. Un soir, il tombe sur une femme trop belle pour lui et se retrouve embarqué dans une affaire louche…

On retrouve au dessin Sean Phillips, déjà compère d’Ed Brubaker sur Sleeper (chez Panini Comics). Ses planches à l’encrage profond magnifient l’atmosphère glauque du scénario. Le découpage fait penser à celui des films noirs, et son trait efficace rend toute sa beauté à cet univers pas comme les autres, où les hommes sont aussi affreux qu’immoraux, et les femmes aussi fortes que sexy.

criminal_sinners.jpg

Difficile de conclure sur Criminal sans dire qu’il s’agit d’une œuvre majeure qui dépasse les codes et les frontières. Elle a d’ailleurs reçu un Eisner Award et son scénariste a remporté plusieurs prix. On ne ressort pas de cette lecture indemne. Lire des BD, c’est avant tout du plaisir, et Criminal à ce niveau nous offre bien plus qu’un bon moment : une claque, je vous dis !

Le tome 4 de Criminal vient donc de sortir en France. Il regroupe les épisodes 4 à 8 de la deuxième saison du titre. Publiée par Marvel aux USA sous le label Icon, la série s’offre en cette rentrée américaine un nouveau chapitre intitulé The Sinners, attendu chez Delcourt début 2010 si tout va bien.

Tout va bien donc.

Thomas Rivière

À voir aussi:
Le site de Ed Brubaker.
Le blog de Sean Phillips.

Commentaires

  1. pascal

    voilà une chronique intéressante, qui va dans le sens de l’amélioration générale du site et sont élargissement.mais pourquoi cette justification en début d’article, comme pour s’excuser de lire des comics? ça décrédibilise tout. justification inutile. aujourd’ hui les comics sont bien au dessus du franco belge en terme de compléxité ,d’innovation etc…et, il suffit de comparer des interwiews d’auteurs de comics et franco belge,pour se rendre compte que l’on à d’un côté des artistes sachant tirer leur épingle du jeu dans un système -une industrie pour parler clairement- bien au fait du monde qui les entoure,encrés dans une réalité concrète , et ça se sent.et de l’autre,soit des autistes annonant,soit des nombrilistes postillonnant.y’a pas photo!

  2. pascal

    voilà une chronique intéressante, qui va dans le sens de l’amélioration générale du site et sont élargissement.mais pourquoi cette justification en début d’article, comme pour s’excuser de lire des comics? ça décrédibilise tout. justification inutile. aujourd’ hui les comics sont bien au dessus du franco belge en terme de compléxité ,d’innovation etc…et, il suffit de comparer des interwiews d’auteurs de comics et franco belge,pour se rendre compte que l’on à d’un côté des artistes sachant tirer leur épingle du jeu dans un système -une industrie pour parler clairement- bien au fait du monde qui les entoure,encrés dans une réalité concrète , et ça se sent.et de l’autre,soit des autistes annonant,soit des nombrilistes postillonnant.y’a pas photo!

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