Le Bouquiniste #1
Il existe une tendance littéraire japonaise qui a fait ses preuves ces dernières années : celle mettant en scène de petits commerces comme point de rencontre de destins ordinaires, dans la lignée de La Papeterie Tsubaki ou de La Cantine de minuit. Le Bouquiniste creuse le même sillon et arrive en France après avoir décroché de nombreux prix, dont le prestigieux Prix Culturel Osamu Tezuka.
Ce premier tome pose le décor avec de courts récits indépendants : Jugatsudo, une modeste librairie d’occasion tenue par un jeune homme dont le quotidien tourne autour des livres. On croise à ses côtés des personnages qui ont chacun leurs propres raisons de venir acheter ou vendre un livre… et cette rencontre est le prétexte pour tisser un lien et développer l’histoire de celui ou de celle qui franchit la porte de son commerce de proximité.
La construction épisodique évite toute monotonie grâce à une palette de tons variée, entre légèreté et mélancolie, mais toujours en appuyant sur ce que représente la littérature dans une vie : un refuge, une trace, un point d’ancrage… Outre ces entrevues réconfortantes et pleines de bons sentiments, le charme de ce premier volume tient aussi au trait d’Ao Kojima. Doux et précis, il trouve dans le grand format l’espace nécessaire pour respirer.
Sans coup d’éclat, ce premier tome fonctionne à l’émotion contenue et à l’empathie. Il ne fait aucun doute que cette tranche de vie est une entrée en matière qui devrait conquérir aisément les amoureux de livres et de mangas calmes et sensibles.
Traduit du Japonais par Noé Garrigos





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