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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 19, 2017

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10 Comments

4 albums espagnols à découvrir d’urgence

25 mai 2009 |

espagne_ile_image2.jpgEt si l’Espagne était le nouvel Eldorado de la bande dessinée européenne? Quelques auteurs fameux comme Miguelanxo Prado ou plus récemment Juanjo Guarnido, pour ne citer qu’eux, ont déjà réussi à s’imposer dans l’Hexagone. Mais une véritable vague de nouveaux talents semble être en train de franchir les Pyrénées.

Dargaud ne s’y est pas trompé et propose depuis quelque temps des albums d’auteurs espagnols, avec plus ou moins de réussite. Citons pour mémoire les moyens Mia, En sautant dans le vide (de Man), Je t’ai aimé comme on aime les cons (par José Miguel Fonollosa et Maria José Giménez), ou le très chouette Les Serpents aveugles (de Bartolomé Segui et Felipe Cava). Mais il n’est pas le seul éditeur à miser sur les talents ibériques, puisqu’Akileos creuse le sillon avec les mangas de Nacho Fernandez ou Bluesman de Callejo et Vollmar, dont une intégrale va bientôt sortir.

Voici donc une petite sélection subjective de quatre ouvrages récents ou à paraître signés par des auteurs espagnols, sur lesquels les éditeurs français ont misé. Et ils ont bien fait car il s’agit – dans des genres différents – de petites perles de bande dessinée.

espagne_ile_couv.jpgVirtuose

Remarquée avec Les Libérateurs (Paquet) et Le Magicien d’Oz (Delcourt), la virtuosité d’Enrique Fernandez a pris un nouvel essor avec l’épatant one-shot La Mère des victoires (Delcourt). Venu de l’animation, cet auteur espagnol possède un style éclatant qui n’est pas sans évoquer les dessins animés Disney (notamment dans le rendu des visages). Il attise ainsi la sympathie du lecteur pour des personnages plus complexes qu’ils ne le paraissent. espagne_ile_image.jpgAinsi débarque sur son Île sans sourire un géologue moustachu. Il va rencontrer sur cette terre isolée une sorte de tristesse généralisée. Ça tombe bien, puisque lui aussi adore tirer la gueule. Sauf qu’une petite fille pleine de joie et de rêves va lui dévoiler toute la magie du monde…

L’Île sans sourire arpente donc la route classique des contes pour enfants, mêlant les songes à la douleur, l’espoir à la mélancolie. Au-delà de celui de Disney, c’est l’univers de Miyazaki qui est ici convoqué, avec des petites créatures nocturnes à l’allure toute nipponne, et une sorcière bien flippante. Graphiquement époustouflant et remarquablement découpé, cet album semble bien être celui de la confirmation pour cet auteur espagnol à suivre.

L’Île sans sourire.
Par Enrique Fernandez. Drugstore, 13,90 €, le 11 mai 2009.
Achetez L’Île sans sourire sur Amazon.fr

espagne_rues_couv.jpgOnirique

Voilà un autre homme qui suit un parcours bien singulier. Découvert en France avec Le Phare (évocation de la guerre d’Espagne, chez Six pieds sous Terre) et Le Jeu lugubre (hommage aux tableaux de Salvador Dali, chez Erko), Paco Roca a confirmé son talent de raconteur d’histoires avec le très remarqué Rides (Delcourt). Son nouveau one-shot, Les Rues de sable, l’emmène du côté des rêves et de l’univers de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges. espagne_rues_image.jpgL’histoire ? Un jeune homme indolent se perd dans le vieux quartier de sa ville et n’en trouve pas la sortie. Le voilà coincé dans un hôtel peuplé de personnages absurdes. Ces derniers vivent une existence morne, persuadés qu’ils ne pourront jamais s’en extraire.

Dès le départ, Paco Roca assume une filiation ostensible avec Hergé. Références directes à Tintin, ligne claire imparable, péripéties amusantes… Dès lors, ses Rues de sable apparaissent comme l’aventure que le reporter à la houppe n’a jamais vécue, celle de l’inconscient et de l’absurde – et de l’amour bien entendu. Ce conte onirique ne tourne jamais à vide et ne se contente pas de rêver le monde d’Hergé. Il révèle aussi de jolies choses sur les habitudes et les espérances de tout un chacun. Un ravissement.

Les Rues de sable.
Par Paco Roca. Delcourt, 14,95 €, le 6 mai 2009.
Achetez Les Rues de sable sur Amazon.fr

espagne_kungfu_couv.jpgAsiatique

L’influence généralisée du manga sur toute une génération d’auteurs, dans le monde entier, se fait particulièrement sentir chez Nacho Fernandez. En effet, il est l’auteur de deux parodies aux titres éloquents: Les Chevaliers de l’horoscope et Dragon Fall (chez Akileos). Le voici qui revient chez le même éditeur avec une nouvelle série, toujours empreinte de culture orientale, mais à l’idée cette fois originale: Kung-Fu Mousse.

espagne_kungfu_image.jpgUn jeune cuisinier, doué pour le kung-fu et porteur d’un grand secret (qui sera vite révélé), quitte sa Chine natale pour Paris, dans le but d’aider son cousin qui tient un restaurant. Mais plutôt qu’un coup de main, ce sont les coups de pieds et de poings qu’il va distribuer – des criminels surgissant de toutes parts dans cette histoire vitaminée. Si le trait n’a rien de révolutionnaire, le découpage et les vannes, inspirés de la BD japonaise, insufflent un rythme bondissant à ce premier volume. Au-delà de l’hommage bon enfant aux films du hongkongais Tsui Hark (de Il était une fois en Chine au Festin chinois), Nacho Fernandez crée ici une bande dessinée pour ados dans l’air du temps, potache mais pas idiote.

Kung-Fu Mousse #1.
Par Nacho Fernandez, Akileos, 13, €, le 4 juin 2009.
Achetez Kung-Fu Mousse T1 sur Amazon.fr

espagne_ken_couv.jpgImpeccable

On vous a déjà dit tout le bien qu’on pensait de Ken Games, dont le premier tome est sorti le mois dernier, mais quand on aime on ne compte pas. Dans sa préface à l’album, José-Luis Munuera écrit: « Cela fait longtemps que je n’ai pas lu une bande dessinée d’une telle fraîcheur, aussi dénuée de préjugés, qui me laisse admiratif par sa simplicité d’exécution, si impeccable, si professionnelle, si technique et inspirée à la fois, culottée et hors contrôle. » Sans user de tant de superlatifs (on attendra le deuxième volume à paraître en août pour confirmer), on ne peut que constater la très grande maîtrise du jeune duo d’auteurs espagnols à l’origine de cette série.espagne_ken_image.jpg

Petit rappel du scénario: Pierre est boxeur le jour et mathématicien la nuit, et cache l’une ou l’autre de ses activités à ses amis et comparses de ring. Son pote TJ travaille dans une banque mais écume également les tables de poker. Anne, sa fiancée, prétend être institutrice, mais…

Cette histoire de faux-semblants est léchée comme les grandes BD franco-belges, découpée comme les meilleurs comics, et déborde d’énergie comme un manga. Un vrai suspense et un dessin moderne maniant joliment les effets et couleurs numériques font de Ken Games l’une des révélations grand public de l’année.

Ken Games #1.
Par Marcial Toledano et Jose Robledo. Dargaud, 13 €, le 17 avril 2009.

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Images © Drugstore – Delcourt – Akileos – Dargaud

Commentaires

  1. Kamen Rider

    « Cette histoire de faux-semblants est léchée comme les grandes BD franco-belges, découpée comme les meilleurs comics, et déborde d’énergie comme un manga. »
    Bravo! Superbe enfilage de visions stéréotypées. La bande dessinée a bien besoin de ces petites phrases à l’emporte-pièce, qui continuent à établir des hiérarchies stériles et entretiennent des clichés usés. Bodoï, « explorateur de bande dessinée »? On l’imagine bien avec le casque colonial, tiens.

  2. Kamen Rider

    « Cette histoire de faux-semblants est léchée comme les grandes BD franco-belges, découpée comme les meilleurs comics, et déborde d’énergie comme un manga. »
    Bravo! Superbe enfilage de visions stéréotypées. La bande dessinée a bien besoin de ces petites phrases à l’emporte-pièce, qui continuent à établir des hiérarchies stériles et entretiennent des clichés usés. Bodoï, « explorateur de bande dessinée »? On l’imagine bien avec le casque colonial, tiens.

  3. Hello Kamen,
    je vous l’accorde, la phrase n’est peut-être pas très heureuse, mais je vous assure que je ne suis pas enfermé dans des stéréotypes. Il s’agit là d’un raccourci évoquant le mélange des styles dans Ken Games, mélange qui me semble tout à fait dans l’air du temps et qui est parfaitement maîtrisé dans cet album.
    Et « explorateur », ça veut dire qu’on essaie de voir (et de donner à voir) ce qui se fait un peu partout en matière de bande dessinée, pas qu’on porte un casque. sauf pour se protéger la tête des petites piques qu’on nous lance (je plaisante)!

    à bientôt

  4. Hello Kamen,
    je vous l’accorde, la phrase n’est peut-être pas très heureuse, mais je vous assure que je ne suis pas enfermé dans des stéréotypes. Il s’agit là d’un raccourci évoquant le mélange des styles dans Ken Games, mélange qui me semble tout à fait dans l’air du temps et qui est parfaitement maîtrisé dans cet album.
    Et « explorateur », ça veut dire qu’on essaie de voir (et de donner à voir) ce qui se fait un peu partout en matière de bande dessinée, pas qu’on porte un casque. sauf pour se protéger la tête des petites piques qu’on nous lance (je plaisante)!

    à bientôt

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