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Charles Burns passe à la couleur pour « ToXic »

20 décembre 2010 |

burns_introDans ToXic (le premier épisode d’un triptyque), Charles Burns réunit deux de ses influences majeures, Hergé et William Burroughs, via une histoire assez inclassable. On y suit les tribulations d’un héros à houppette – mais à tendance punk – dans un univers étrange, aux codes inconnus. Pour la première fois, l’artiste, auteur du somptueux Black Hole, utilise la couleur. A l’occasion d’une rencontre organisée par son éditeur français, Cornélius, il explique (un peu) son processus de création.

burns_1Comment avez-vous connu l’oeuvre d’Hergé?
J’étais très jeune quand j’ai reçu mon premier Tintin: j’avais environ cinq ans et ne savais pas encore lire. Je regardais ce livre très attentivement sans pouvoir le comprendre totalement. J’étais à la fois frustré et intrigué.

Comment Tintin rejaillit-il sur votre travail?
Le style hergéen m’influence de façon purement graphique: je ne mène aucune réflexion particulière sur les personnages de la série ou le sens de leurs aventures. Les Mad Comics en noir et blanc, que j’ai lus dans mon enfance, m’inspirent aussi beaucoup. Dans ToXic, je joue avec ces deux esthétiques opposées: la ligne claire contraste avec le noir et blanc intense et le trait au pinceau. Cela crée un genre intermédiaire. Je suis aussi attiré par la technique de cut up de William Burroughs – auquel j’ai aussi emprunté le concept de l' »interzone », une ville indéfinie qui pourrait aussi bien être New York que Tanger, ou Mexico. Cela donne une apparence de collage, mais chez moi rien n’est laissé au hasard: je suis un « control freak » [obsédé du contrôle] !

toxic_2_0Vos personnages ont souvent des problèmes de santé . Êtes-vous fasciné par la maladie?
Non, pas vraiment. Je l’amène jusqu’à la défiguration et l’utilise comme une métaphore. Mes protagonistes manifestent physiquement leur mal-être, et se transforment jusqu’à se recréer eux-mêmes.

Comment définissez-vous ToXic?
L’histoire est encore très ouverte. Et si je vous disais ce qu’elle va contenir exactement, je gâcherais le mystère qui l’entoure…

Comment travaillez-vous?
J’ai une tendance à toujours dessiner de la même façon, d’album en album. Résultat: je reproduis les mêmes personnages même s’ils n’ont pas de lien entre eux, c’est un problème. Robert Crumb dessine des femmes à gros culs, moi je dessine des femmes à queue de cheval… L’élaboration du scénario est ce qui me prend le plus temps: je distille les éléments très lentement. Comme mes récits sont assez complexes, j’ai toujours besoin de savoir où j’en suis. Pour Black Hole, j’avais même dû établir un calendrier pour savoir où mes personnages se trouvaient à tel ou tel moment! Contrairement à Chris Ware, qui affirme dessiner directement sur une feuille blanche, sans aucune préparation, j’ai besoin d’accumuler des piles de notes et de croquis avant de m’y mettre.

toxic_4Pourquoi faire usage de la couleur dans cet album?
Une part de moi pense naturellement en noir et blanc. Mais j’avais envie d’un challenge, d’emprunter une nouvelle voie. La couleur m’est apparue comme une boîte à outils narratifs supplémentaire. Cela m’a permis de créer des ambiances différentes ou de traduire par l’abstraction certains concepts.

Propos recueillis par Laurence Le Saux


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ToXic.
Par Charles Burns.
Cornélius, 21€, le 21 octobre 2010.

Images © Burns / Cornélius.

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