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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | May 6, 2021















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Dans la nuit noire

5 mai 2021 |
SERIE
Dans la nuit noire
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
24.95 €
DATE DE SORTIE
31/03/2021
EAN
2413024123
Achat :

dans-la-nuit-noire_image2Cet été-là, quand sa mère est partie avec le meilleur ami de son père, la vie du jeune Russel a basculé. Avec l’adolescence est donc arrivé un changement d’environnement, avec son papa, un type aigri et paumé. Direction la Californie, mais pas celle d’Hollywood et des paillettes. Plutôt celle des maisons fragiles et des petites gens, des immigrés, des vieillards solitaires, des marginaux. Russel se fait brutaliser au collège, se lie d’amitié avec un garçon étrange qu attend plus de leur tête-à-tête, voit se dissoudre sa maigre relation avec son père. Il grandit, dans un monde sans amour et sans avenir, et s’endurcit, forcément. Jusqu’à intégrer une part de violence et de méfiance envers les autres humains.

Au fil d’un long récit de quelque 400 pages, David Small conte la fin de l’enfance – et de l’innocence – d’un garçon dans l’Amérique des années 1950, un pays dont la modernité galopante en laisse plus d’un courir loin derrière. Éveil à la sexualité dans une relation malsaine – argent, manipulation, repli sur soi, consentement peu clair – avec un autre garçon, violence de groupe, pouvoir de l’argent, racisme, déliquescence du modèle paternel… Tous les grands thèmes classiques de cette période cruciale sont abordés par l’auteur, mais sans jamais verser dans la caricature ou la plate dénonciation. Il se pose en observateur avisé et sans concession, allant fouiller loin dans le cerveau et les tripes de son jeune « héros » pour comprendre comment cette adolescence acide a pu durablement abîmer la psyché du jeune homme.

Ce portrait d’une grande finesse avance sur un rythme et un ton très littéraire, dans la longueur et la profondeur. Mais c’est bien par le dessin que cette profondeur est atteinte, grâce à un trait qui se limite souvent à l’ébauche de mouvement, mais qui comporte une immense justesse dans les détails des expressions et des postures. Le lavis gris achève quant à lui de poser les ambiances et les émotions. Et l’ensemble s’impose comme un très grand livre sur une adolescence brisée.

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