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3 Comments

« Ernest et Célestine », du miel sur les écrans

12 décembre 2012 |

Voici sans doute un des meilleurs films d’animation de l’année, et il est made in France : Ernest et Célestine, de Benjamin Renner, d’après les personnages imaginés par Gabrielle Vincent.

Avant d’être un long-métrage d’animation, Ernest et Célestine est d’abord une série de livres pour enfants de l’auteure belge Gabrielle Vincent — quelque 25 épisodes illustrés, publiés entre 1980 et 2000 aux éditions Duculot puis chez Casterman. Autant de récits qui relatent, avec un trait épuré et des couleurs pastels, le quotidien simple d’un ours et d’une souris. Des histoires « souvent vécues ou observées » selon leur auteure. Dessinées avec spontanéité, d’un trait plutôt jeté, qui a séduit des générations successives d’enfants et de parents.

ernest_afficheEn 1998, le producteur Didier Brunner (Kirikou et la Sorcière, Les Triplettes de Belleville) se laisse séduire par l’univers ouaté et confortable d’Ernest et Célestine. Qui enchante chaque soir sa petite fille, blottie au fond de son lit. Avec elle, il s’interroge sur les raisons de cette amitié en apparence contre-nature. Lorsqu’il songe à une adaptation, il se heurte à l’hostilité farouche de Gabrielle Vincent, qui refuse catégoriquement une transposition de son œuvre sur petit ou grand écran.

Huit ans après son décès — survenu en 2000 —, Didier Brunner apprend que Casterman a acquis les droits de la série, en vue d’une transposition télévisée. L’homme saisit la balle au bond, et suggère d’en tirer plutôt un long-métrage. Il convainc l’éditeur, séduit le scénariste Daniel Pennac (dont il a aimé le roman Cabot-Caboche, sur l’amitié entre un chien et son maître). Pour la réalisation, il pense à Benjamin Renner, un étudiant fraîchement diplômé de l’école La Poudrière, dont le court-métrage de fin d’études (intitulé La Queue de la souris !) l’a marqué. Pour mener à bien sa mission, le débutant s’entoure de deux cinéastes aguerris, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Panique au village).

Le résultat est un enchantement, suivant une intrigue malicieuse : le règlement de la ville des ursidés interdit de se lier d’amitié avec des souris. Malgré cela, un gros ours marginal et saltimbanque — magnifiquement doublé par Lambert Wilson — accueille dans sa maison de bric et de broc une jeune souris orpheline. Cette dernière fuit son quotidien, et particulièrement une tâche ingrate : ramener des dents d’ours  auprès de ses semblables, pour assurer le bon fonctionnement de la société des rongeurs. Esseulées, ces deux âmes vont se soutenir…

ernest_1Drôle, tendre et pas mièvre, ce vrai film d’auteur (Benjamin Renner a eu carte blanche pour choisir le chef animateur, le compositeur et établir le casting vocal) est d’une formidable poésie, à la fois visuelle et narrative. Le parti-pris graphique de « croquis animés » — selon les termes du réalisateur — respecte à la lettre le style de Gabrielle Vincent (décors à l’aquarelle, traits légers parfois estompés). Il offre en outre un rendu absolument délicieux, qui laisse galoper l’imagination du spectateur sans lui imposer un univers léché, dénué d’aspérités.

L’histoire touche aussi véritablement : au-delà d’une amitié inattendue, s’esquisse un propos politique sur le respect de la différence, un irrésistible appel à l’altruisme. Le film s’affranchit ainsi du sempiternel clivage enfants/adultes et s’adresse sans distinction à tous les publics. Les enfants se laisseront bercer par le burlesque et la drôlerie de situations faisant délibérément écho à l’œuvre d’Hayao Miyazaki (la figure débonnaire d’Ernest évoque le chimérique Totoro, l’ingénieuse Célestine rappelle la sorcière Kiki). Tandis que les plus grands, séduits, voudront se blottir tout contre cet ours un peu gauche et cette souris débrouillarde. Dans la foulée de Mary et Max en 2009, de Dragons en 2010 et du Tableau en 2011, Ernest et Célestine décroche illico la palme subjective du meilleur film d’animation de l’année.

Gersende Bollut

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Ernest et Célestine
Un film réalisé par Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier.
Scénario de Daniel Pennac. Avec les voix de Lambert Wilson et Pauline Brunner.
Long-métrage d’animation, d’après les albums de Gabrielle Vincent (parus chez Casterman). Durée : 1h19.
En salles le 12 décembre 2012.

Images © Studio Canal.

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ERNEST ET CELESTINE Bande-annonce VF par CoteCine

Commentaires

  1. Le réal a fait un post par jour sur blog depuis quelques semaines décrivant toutes les étapes de la fabrication du film. Très intéressant. Ça m’a rendu encore plus curieux d’aller le voir. Sur reineke.canalblog.com

  2. luxsword

    ça fait drôlement envie, ma foi.

  3. Francois Pincemi

    Oui, cela peut sembler intéressant. Le scénario est de Daniel Pennac qui a travaillé avec Tardi et écrit de nombreuses Séries Noires ainsi que deux Lucky « No Strike » Luke. Arf arf arf

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