Ikigami – Préavis de mort #2-10 ***
Par Motorô Mase. Kazé Manga, 7,99€, le 20 juin 2012.
10 volumes parus sur 10 – Série terminée au Japon.
Au départ la « loi de sauvegarde de la prospérité nationale » semblait n’être qu’un prétexte, ou du moins un mal nécessaire, pour donner goût à la vie (voir Ikigami – Préavis de mort #1). Comme on aurait pu s’y attendre, Fujimoto s’est posé de plus en plus de questions sur cette pratique. En outre, quelques citoyens et membres du système se sont opposés à cette loi. Les punitions furent directes et conséquentes, de quoi dissuader le plus grand nombre. Finalement, cette loi est-elle légitime, nécessaire ou tout simplement absurde, démesurée ?
Avec Ikigami, Motorô Mase interroge habilement sur le sens et la valeur de la vie. Est-ce que la société doit accepter des crimes aléatoirement prémédités pour le bonheur du plus grand nombre ? Cette question est d’autant plus importante puisqu’elle est posée par un auteur nippon. En effet, le dévouement et le sens de l’honneur des Japonais sont tout particuliers. Le mangaka interpelle également ses lecteurs sur d’autres problèmes sociaux et politiques. Le dernier volume de la série pose, par exemple, de nouvelles questions sur les forces d’autodéfense, ou les relations des Japonais avec leurs alliés.
Ce dernier volume d’Ikigami, s’il résume toute l’ampleur du projet, a par contre l’énorme défaut de clore la série dans une précipitation épouvantable. Les situations développées dans ce volumes sont parachutées, expédiées et grossières. L’auteur est trop démonstratif, poussif et le comportement du héros est contraire à ce qu’on pouvait attendre… Il devient extrêmement interventionniste alors qu’il s’était montré plus que prudent et passif pendant 8 volumes et demi… Et le happy end est facile et discutable.
Outre cette conclusion hâtive, la série a démontré une belle régularité, portée par un canevas quasi immuable en trois temps : mise en place de la situation et livraison de l’Ikigami; choc causé par la nouvelle; acceptation ou refus. Cette trame efficace a permis au mangaka de se libérer de charges formelles, mais semble l’avoir un peu freiné dans sa réflexion. En effet, si les situations présentées sont différentes et bien trouvées, on regrette tout de même que l’auteur n’ait pas poussé les citoyens et le fonctionnaire Fujimoto à agir plus en amont et sur la durée… Il reste que ce manga aura eu le mérite de poser des questions fortes sur le monde d’aujourd’hui, prétendument démocratique mais pas si éloigné des pires dictatures de l’Histoire. Un seinen social, modéré et intelligent, à la lecture nécessaire.
IKIGAMI © 2005 by Motorô MASE / SHOGAKUKAN INC.
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