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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 3, 2016

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Les Mutants

22 février 2016 |
SERIE
Les Mutants
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
27/01/2016
EAN
2352044863
Achat :

Les mutants du titre, ce « peuple d’incompris », ce sont les adolescents. Encore un peu enfants mais voulant se comporter comme des adultes, rejetant leurs parents tout en cherchant leur attention, se constituant des tribus pour se sentir plus forts… Et tentant de gérer leurs angoisses, plus ou moins fortes, plus ou moins dévorantes. C’est cette période de la vie, cruciale et parfois si difficile, que décrypte Pauline Aubry dans son premier album (prépublié en partie dans la revue XXI).

les_mutants_imagePour ce faire, elle profite d’un reportage en BD dans le service pédopsychiatrie d’un hôpital parisien, où elle anime un atelier BD et se confronte à des jeunes dépressifs, bourrés de TOC, hyperactifs, parfois violents… Qui la renvoient à son propre cas, celui d’une jeune femme qui a fréquemment passé la porte des hôpitaux pour gérer ses crises d’angoisse. C’est là l’excellente idée de Pauline Aubry, échafaudée pendant ses études de BD au Cesan à Paris : mêler le documentaire précis et enlevé sur les phénomènes psychiques en cours à l’adolescence, le reportage in situ et la chronique autobiographique, à la fois tendre et lucide.

Avec humour et moult clins d’oeil – ceux qui étaient ado dans les années 1990 souriront forcément aux références à Beverly Hills, aux chemises bûcheron et au Péril jeune, petit monde qu’elle a mis en scène lors de son expo à Angoulême –, elle pose des mots justes et documentés sur son sujet, sans fausse pudeur et sans tout ramener à son son histoire personnelle, celle-là servant juste de contrepoint à celles, parfois bien plus traumatiques, croisées à l’hôpital. Ainsi, elle évite à la fois les écueils de la BD reportage trop froide et didactique, et ceux de l’autobio égocentrique.

Le seul petit bémol de cet album à la chouette couverture orange fluo serait son dessin : un trait vif pas toujours bien posé sur la longueur (136 pages) malgré d’excellentes idées de mise en scène, et des pages un peu surchargées. Mais pour un premier livre, avec autant de tripes et de sentiments dedans, Les Mutants est une singulière réussite, à faire lire à tous les parents.

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