L’Homme qui a vu l’homme qui filme l’homme qui tire plus vite que son ombre
Guillaume Bouzard est envoyé réalisé un carnet de bord dessiné du tournage d’une série télé adapté de l’univers de Lucky Luke. Ça, c’est sur le papier. Car une fois là-bas, entre un Rantanplan déclassé, le silence imposé et des bourdes en série, c’est une toute autre aventure qui se joue pour l’auteur. Et le journal de tournage devient, et c’est le sous-titre de cet album, un « presque journal de tournage ». Et encore, c’est une appellation clémente…
On l’aura compris dès le titre à rallonge et les premières pages, Bouzard ne fait pas du Mathieu Sapin (espiègle observateur et reporter faussement naïf – voir ses immersions avec les forces de police, dans le journal Libération ou, justement, sur un tournage), mais joue à faire du Mathieu Sapin. Et, donc, redevient très vite le Bouzard héros de ses autres albums, un type aux idées brillantes, artiste incompris et ami des bêtes. Chevauchant les différents registre du comique – répétition de gags, caricature, absurde, détournement, références… –, il ne dévoile donc que très peu de choses sur les coulisses de la série diffusée sur Disney+, mais construit un imaginaire de cinéma loufoque et imprévisible. Surtout, il réussit à faire hurler de rire presque à chaque séquence, et ça, c’est aussi fort qu’un cow-boy solitaire qui vise juste à 100% sans se départir de sa nonchalance. Bouzard, le dessinateur qui fait rire plus vite que son ombre ? Ici, la réponse est oui.






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