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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 15, 2019















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Maïdan Love #1

3 juillet 2019 |
SERIE
Maïdan Love
ALBUM
Olena - 1
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
14.90 €
DATE DE SORTIE
27/03/2019
EAN
2818966906
Achat :

Bogdan est un jeune flic ukrainien. Comme beaucoup de gens de sa génération, il n’est pas follement satisfait de sa situation, mais fait avec ce qu’il a : une petite amie, Olena, avec qui il compte s’installer lorsqu’il recevra son nouveau salaire de policier anti-émeute. Sauf qu’au beau milieu de sa formation, Bogdan est rappelé à Kiev pour faire face à des manifestations au Maïdan, « la place ». Problème : sa copine y participe aux côtés des militants. Pour la protéger du chaos révolutionnaire, il déserte son poste et se retrouve, malgré lui, plongé dans les événements qui ont changé l’Histoire de l’Ukraine.

maidan-love_image1Aurélien Ducoudray ne chôme pas. Hasard du calendrier ou bien écriture effrénée, la parution de Maïdan Love précède d’un mois seulement celle de Camp Poutine, tous deux chez l’éditeur Bamboo. Le scénariste et ancien journaliste continue en tout cas sur sa belle lancée russe avec le premier tome de ce diptyque, en se saisissant cette fois de la révolution ukrainienne de 2014 à travers sa place emblématique. Une idée très prometteuse, tant on se rappelle à quel point les manifestations anti-Ianoukovitch étaient saisissantes, sur le fond des événements autant que visuellement.

En se centrant sur ce policier anti-émeute qui déserte, Maïdan Love veut raconter, à partir d’une trajectoire individuelle, celle d’un grand événement collectif. Un choix narratif parfaitement cohérent, mais l’exercice est toujours difficile, et fait ici très rapidement perdre pied à l’intrigue : les péripéties, afin de nous montrer différents visage de l’événement, sont tirées par les cheveux. D’autre part, si l’effort de ne pas faire de la parlotte politique est le bienvenu, on va tout de même un peu trop vite. On débarque ainsi au Maïdan comme si la révolution était apparue du jour au lendemain, aux côtés de personnages qui n’ont pas de profondeur et dont l’histoire d’amour – pourtant censée être au centre de la BD – se révèle insipide, simple prétexte à la balade. Du coup, on ne perçoit pas le tragique de ce policier anti-émeute tiraillé entre ses loyautés, pas plus qu’on ne ressent le frisson fasciné qu’inspiraient en 2014 les images terribles du documentaire Kiev en feu (All Things Ablaze) devant le dessin, pourtant séduisant et soigné, de Christophe Alliel (Les Chiens de Prypiat, Spynest). On sent pourtant qu’il a tenté de retranscrire ce souffle, notamment dans des doubles-pages, mais les scènes d’action ne prennent pas vraiment.

Malgré ces défauts, l’album offre un moment de divertissement facile d’accès et à sa manière, instructif. Les dialogues sont plutôt bien tournés, et on ne s’ennuie pas. Une bonne idée, qui aurait peut-être gagné à être travaillée plus longuement ?

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