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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | March 28, 2017















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6 Comments

Mâle occidental contemporain

4 décembre 2013 |
SERIE
Mâle occidental contemporain
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
14.95 €
DATE DE SORTIE
30/10/2013
EAN
2756040096
Achat :

Thomas drague. Ou en tout cas il essaie. Car toute forme de communication avec l’autre sexe semble vouée à l’échec: maladresse, manque de confiance en lui, propension à mettre les pieds dans le plat ou se vautrer dans des situations incongrues. Même quand il chope un plan coup-d’un-soir, il se dégonfle… Car, en vérité, Thomas ne sait pas vraiment ce qu’il veut. L’amour, peut-être. La reconnaissance sociale, sans doute. Quelque chose dans sa vie qui le sorte de sa position – dans laquelle il s’enferme lui-même – de mâle occidental contemporain…

male_occidental_contemporain_image1Après le roman, le théâtre et une incursion au cinéma (il joue dans l’adaptation de son livre Entre les murs, par Laurent Cantet, Palme d’or 2008), François Bégaudeau s’essaie à la bande dessinée. Malheureusement, son incursion fait chou blanc, ou presque. Ce n’est pas le sujet qui est en cause, plutôt bien cerné et dans l’air du temps: les mésaventures d’un gentil et cultivé garçon, trentenaire célibataire, en perte de confiance face aux filles (trop mamans, trop jeunes, trop nymphos, trop belles, trop maquées, trop UMP…), qu’il idéalise comme une espèce supérieure à laquelle il ne se donne plus droit de toucher. Non, c’est plutôt dans la structure même de son récit que l’album ne fonctionne pas. Ce quasi soliloque de Thomas – au grand potentiel tête à claques – devient vite répétitif et lassant, malgré quelques jolis gags et bons mots. L’absence de fils narratifs se fait cruellement et rapidement sentir, et l’ennui guette; d’autant que certaines considérations sur les relations hommes/femmes frôlent la caricature facile, ou n’apportent pas grand-chose au propos.

Côté dessin, le si doué  Clément Oubrerie (Aya de Yopougon, Pablo, Jeangot...) semble lui aussi s’ennuyer; malgré quelques pleines pages drôles et/ou sensuelles en diable, les allées et venues de Thomas en discothèque, appartement, bureau, métro ou speed dating, se révèlent graphiquement bien banales. Si tout n’est pas à jeter dans Mâle occidental contemporain, on attendait davantage de l’associations d’auteurs si talentueux. Dommage.

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Commentaires

  1. luxsword

    Sujet « plutôt bien cerné », vous êtes gentil. C’est un peu un ramassis de clichés… Que diable venait faire le talentueux Oubrerie dans cette galère sans intérêt ?

  2. Francois Pincemi

    Personnellement, j’ai trouvé ce livre plutôt sympa et amusant à lire: moins africain que Aya, mais intello- artistici que les Picasso du même Oubrerie. Cela aurait pu donner une comédie française au cinéma, cela donne un album qui confirme que les jeunes générations mâles (disons, hommes de 15 à 35 ans) ne sont pas dominés par les femmes, qu’ils n’arrivent plus ni à séduire ni même à seulement comprendre. Ce jeune Thomas n’est pas vraiment méchant, d’ailleurs il refuse les possibilités de coups faciles, ainsi que les femmes vénales. Une bonne représentation de la boucherie du sentiment, où la femme même ne jeu depuis bientôt vingt ans, tirant l’homme indécis ou docile par le bout du nez.

  3. Libération l’avait publié en feuilleton de l’été, et en noir et blanc. C’est plus sympa à voir en couleurs.

  4. Je me suis trompé dans mon premier message, je voulais dire » les jeunes générations mâles (disons, hommes de 15 à 35 ans) sont dominées par les femmes » et non le contraire!

  5. luxsword

    Votre dernier commentaire, hélas, montre bien que ces clichés éculés (féminisme = femme castratrice = le Mal ou femmes libérées = cataclysme) perdurent autant que la bêtise humaine… C’est déprimant.

  6. Le héros de cette BD est surtout représentatif du milieu bobo. J’ai pensé à Nicolas Bedos en lisant cette BD ; celui-ci raconte qu’après avoir signé la pétition de son pote Beigbeder contre la pénalisation des clients de prostituées, il s’est fait (grave) engueuler par sa mère et a retiré sa signature. D’ailleurs si certaines féministes sont castratrices, je ne vois pas vraiment où est le problème, puisqu’il y a des tas de mecs qui aiment ça, sans doute parce que ça leur rappelle leur mère ?

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