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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 7, 2026















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Même de nuit

6 octobre 2026 |
SERIE
Même de nuit
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
23 €
DATE DE SORTIE
04/09/2026

On ne va pas se le cacher, Même de nuit est fait d’un bois particulier. Plus près de la poésie illustrée que de la bande dessinée, réalisé entièrement sur papier noir et nous contant les rêves féroces de son autrice, ce livre ne s’embarrasse pas vraiment de sucreries. Il faut dire qu’il nous vient de Paz Boïra, autrice espagnole et compagnonne de route de la glorieuse et revêche maison d’édition Fréon, devenue depuis Frémok. Depuis de longues années, elle nous a appris à regarder la bande dessinée comme une expérience de vie, un cri du cœur sans filtre, plutôt qu’une suite bien arrangée de petits mickeys. Ce dernier effort ne dépareille pas.

Même de nuit rassemble quatre récits de songes embarquant avec eux nos angoisses, nos espoirs, nos peurs et notre révolte. Le premier, le plus percutant, voit une femme nue se saisir d’un sabre en pleine forêt et massacrer ses proches honnies où une rage de vivre fait face à l’instinct de mort. Le deuxième suit son héroïne sur la plage de sa maison d’enfance, aujourd’hui dévastée, avant d’espérer vainement que le Taj Mahal émerge de l’eau, pour enfin fondre en pleurs. Le troisième fait surgir des profondeurs un homme de mille ans, rappelant des sentiments perdus et des valeurs oubliées. Enfin, le quatrième nous embarque dans un sous-marin en panne et ses passagers qui entament une dernière fête parce que rien ne nous empêche de danser.

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De la tuerie initiale à la chute irrémédiable d’un sous-marin, en passant par un homme millénaire qui fait peur et rassure – c’est selon –, les fables oniriques que nous racontent l’Espagnole sont un jeu savamment tressé d’images mentales et graphiques. Le noir omniprésent en est le meilleur exemple nous plongeant à la fois dans l’inconnu de la nuit en même temps qu’il charge chaque rêve d’une obscurité dépressive. Pourtant, par petites touches de couleurs, la lumière peut venir, au même titre que le récit instille des raisons de vivre, primaires, animales, nécessaire. Ces quatre histoires parviennent, en quelques pages à peine, à résumer notre situation actuelle : on ne distingue pas grand chose, alors retrouvons notre feu intérieur.

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