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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | May 30, 2017

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Mike’s Place

3 juillet 2015 |
SERIE
Mike’s Place
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
20/05/2015
EAN
B00T91B5DC
Achat :

mikes_place_image« – Pourquoi le bar a-t-il été visé ? – Aucune idée. On est juste une bande de hippies, ça n’a pas de sens. » Le Mike’s Place est un bar de Tel Aviv à l’ambiance cosmopolite où toutes les confessions se croisent. Havre de paix où la seule préoccupation est le blues, passion commune de la clientèle. Un journaliste américain, Jack Baxter, de passage en Israël pour couvrir un évènement, tombe amoureux de l’endroit et décide de tourner un documentaire sur le bar mais surtout sur les âmes du lieu : serveurs, gérants ou encore musiciens. Le 30 avril 2003, cette quiétude est rompue par un attentat suicide perpétré par deux hommes, revendiqué par le Hamas.

Sujet sensible : le terrorisme dans le conflit israélo-palestinien. Sincère, cette œuvre autobiographique (l’auteur, Jack Baxter, a été blessé dans l’attentat et certains de ses amis sont morts) n’évite cependant pas les écueils. En premier lieu, il est évident que la complexité géopolitique de la zone, surtout dans le contexte de la seconde Intifada, ne peut être éludée ; même si le propos est centré sur ce bar, l’inscription dans cette zone de conflits suppose de plus amples éclaircissements. Ensuite, si l’horreur ne peut être niée, n’est-il pas naïf de présenter cette communauté comme un havre paisible, déconnecté des tensions ? Bien sûr, il y a quelques évocations, mais, rappelons-le, l’année 2002 se situe en pleine Intifada, et le terrorisme, revendiqué par le Hamas, est une réalité prégnante. Enfin, le trait est décevant : lignes sans relief et portraits plats, parfois presque grossiers. L’aspect naïf du trait jure avec la dureté du propos. Le noir et blanc n’en est pas moins déconseillé, surtout dans un traitement aussi simpliste. Tel Aviv, la « Miami » israélienne, aurait bien mérité un jeu de couleurs vives ; quant à l’attentat, et pour suggérer l’horreur, le sombre aurait pu succéder à la palette arc-en-ciel.

Un ouvrage en demi-teinte, donc : si la sincérité est là, le traitement déçoit tant le sujet aurait mérité mieux. Un personnage sort du lot cependant : jeune juive qui immigre en Israël par amour, Sasha vit dans un stress terrible, avant comme après l’attentat, et traduit le sentiment d’inquiétude et de malheur imminent. Quitter Israël est un choix, elle ne s’y sent pas à sa place (entre les haredims – juifs orthodoxes – et les attentats), mais le regret s’installe avant même que l’avion n’ait décollé. On touche ici à un bel élément traduisant les paradoxes et les malaises d’une société. Et si c’était cela le sujet de Mike’s Place ?

 

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