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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 15, 2018

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Moi aussi je voulais l’emporter

11 mai 2018 |
SERIE
Moi aussi je voulais l'emporter
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
26 €
DATE DE SORTIE
11/01/2018
EAN
2924049482
Achat :

Française émigrée au Québec où elle a publié ses premiers fanzines, Julie Delporte s’est affirmée peu à peu comme une des voix les plus brillantes de l’autobiographie en bande dessinée. Depuis la révélation des crayons de couleur, qui ont transformé son travail, elle tisse une œuvre cohérente, emplie de doute.

moi-aussi-je-voulais-lemporter_image1 Le doute est d’ailleurs la constituante de son nouveau livre, publié par Pow Pow, qui débute comme un récit de résidence en Finlande. Julie a en effet un projet, celui de partir sur les traces de Tove Jansson, l’autrice des célèbres Moomins et illustratrice brillante, mais aussi femme incroyablement libre. Arrivée en terre étrangère, loin de ceux qu’elle aime, Julie ne semble pas avancer dans son projet. Elle visite, elle observe, mais ses notes racontent autre chose, et se confronte à se propre vie. Alors, la crainte du biopic s’éloigne.

En résonnant avec Jansson, elle revient sur des moments de son enfance, de sa construction, passe à autre chose. Les réflexions glissent de cette blessure face à l’injustice absurde de l’inégalité femmes/hommes. Il ne s’agit pas d’un essai, mais d’allers-retours autobiographiques révélant avec des mots simples, des images fortes et des exemples frappants, la puissance de la violence symbolique reçue dès l’enfance.

Et pourtant le livre n’est pas un pamphlet. Est-ce la douceur du trait ? La chaleur des couleurs ? Certaines pages rassurent, créent un effet de cocon, un cocon dans lequel le monde éclate. Et si des bouts partent en tous les sens, de l’illégitimité en tant qu’artiste aux peines de cœur en passant par le tourisme et l’éducation féministe, tout cela tient mystérieusement. Au bout des quelques 250 pages, on se rappelle des délirants débats sur l’écriture inclusive (péril mortel disait l’académie !), et l’on se dit que si Julie Delporte n’a pas encore pu l’emporter totalement sur la grammaire, elle a su transformer le doute en un des plus beaux livres de l’année.

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