Murder Ballad
Charlie n’a qu’une passion : la musique, le rock, le blues et les murder ballads en particulier, ces chansons folk américaines racontant des faits divers plus ou moins sordides. Elle en passe sur la fréquence radio qu’elle squatte la nuit après son boulot, elle qui est technicienne pour cette station qui ne diffuse d’ordinaire que les chants des oiseaux d’une île, à destination des scientifiques et ornithologues.
Mais un soir alors qu’elle n’est pas aux commandes, l’antenne balance une ballade inédite : une chanson disparue, une légende locale, un titre unique d’un artiste mystérieux dont le seul enregistrement aurait été englouti à jamais. Charlie se met alors en quête de cette chanson et de son possesseur. Mais elle est loin d’imaginer sur qui elle va tomber…
Après Hound Dog, Nicolas Pegon continue de creuser son sillon, celui d’un disque vinyle comme celui du thriller noir américain. Ici, il plonge dans l’imaginaire fascinant des chansons-récits, scandées par les premiers bluesmen et leurs descendants de la folk US, et des légendes qui accompagnent certains enregistrements. Il y ajoute une ironie mordante dans son introduction située dans un futur lointain, ainsi que quelques personnages croustillants de l’imagerie américaine, archétypes solides et bien pratiques pour susciter la tension et/ou le dégoût. Et arrose le tout d’un graphisme tendu, au trait puissant et singulièrement efficace, happé par les aplats de couleurs léchés, et de noir forcément. L’ensemble est malin et prenant, assez mystérieux par moments notamment dans la chronologie, mais hypnotique et vénéneux. Un vrai trip, à vos risques et périls.





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