Oublie ce monde cruel – L’histoire de Nick Drake
Nick Drake fait partie de ces mystères de l’histoire musicale récente : trois albums entre 1969 et 1972, un accueil critique intéressé, mais une réception confidentielle, et pourtant un artiste culte aujourd’hui. Une pub pour une voiture empruntant l’une de ses chansons est passée par là, certes, mais c’est bien la singularité et la sincérité de son folk délicat qui ont fait de Nick Drake, décédé à 26 ans, une immense influence sur la scène rock des années 80-90. Jason lui rend un bel hommage, avec cette évocation biographique tout en retenue.
L’auteur norvégien (Au-dessus l’odyssée, Ô Joséphine…) ne change rien, en effet, à son style si singulier : découpage minimaliste, personnages animaliers au regard vide, mots rares, ressorts oniriques ou absurdes… Et surtout une ambiance dépressive et funèbre, qui sied parfaitement à l’univers et à la fragile santé mentale de Nick Drake, retrouvé mort après une overdose de médicaments. On croise des producteurs fameux, les Rolling Stones, et même Françoise Hardy. Mais on rencontre surtout des ombres, des doutes, des failles, des silences, et une immense difficulté à se confronter au monde, qui ont fait que le chanteur a très vite renoncé à la scène et aux interviews. Dès lors, Jason, avec son trait ascétique, son humour à froid et sa tendresse envers les figures abîmées, était l’auteur idéal pour mettre en image la carrière trop éphémère d’un artiste incompris.





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