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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | August 17, 2026















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Chère historienne

17 août 2026 |
SERIE
Chère historienne
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
26 €
DATE DE SORTIE
20/03/2026

Joff Winterhart nous avait bluffés avec le touchant Courtes distances, un roman graphique intimiste sur, entre autres, la solitude et les relations entre générations. D’une grande finesse, il allait à contre-courant des bandes dessinées « à thème », en refusant le rebondissement – mais pas la comédie – et en se concentrant sur les mots et les gestes, si révélateurs d’un état d’esprit. L’Anglais revient avec les mêmes intentions d’études de mœurs avec Chère historienne : si le titre et la couverture austères ne donnent guère envie a priori, il ne faut pas se laisser refroidir, car voici là une des meilleures bandes dessinées de 2026.

chere-historienne_image1Un peu comme Courtes distances confrontaient un jeune homme paumé et un vieux briscard fatigué, ce nouvel opus fait se rencontrer deux femmes coincées dans leur train-train confortable mais solitaire. D’une part, la trentenaire Lucy, qui travaille à la production d’émissions de télévision historiques, animées par un présentateur star imbu de lui-même. Célibataire récente, elle n’a que son boulot et un petit penchant pour le vin rouge pour remplir sa vie. De l’autre, Margaret, historienne septuagénaire spécialiste de sujets très pointus, peine à faire le deuil de sa sœur qui partageait son quotidien. La première va solliciter la seconde pour participer à une émission, ce qui semble bien improbable compte tenu du manque de modernité de Margaret, mais ce sera surtout le début d’une étonnante et belle relation, qui va donner un peu d’énergie et de bonheur à ces deux femmes ayant perdu confiance en l’image qu’elles pensent renvoyer.

Dialogué avec brio (formidable traduction de Martin Richet), mis en scène avec simplicité et douceur, l’album insuffle dès les premières pages un rythme lent et agréable, propice à la concentration et à l’empathie pour ses personnages. Sous un trait réaliste évoquant la gravure – Joff Winterhart a en effet utilisé la technique du monotype pour l’ensemble de l’ouvrage –, les deux héroïnes prennent vie, et leurs doutes, leurs maladresse et leur espièglerie font mouche. On est ému, on rit (quelques séquences, notamment avec l’équipe de TV, sont vraiment croustillantes), on s’agace. On vit avec Lucy et Margaret. Loin d’être un énième roman graphique labellisé « feel good », cette ambitieuse bande dessinée fait beaucoup de bien, car elle illustre des sentiments vrais et sincères.

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