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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | April 3, 2020















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Papa Maman Fiston

18 décembre 2019 |
SERIE
Papa Maman Fiston
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
22 €
DATE DE SORTIE
02/10/2019
EAN
2330126220
Achat :

Il y a le Papa, un grand gaillard, paysan herculéen mais si sensible qu’il se laisse facilement submerger d’émotions. Et qui meurt régulièrement, dans un trou, un arbre ou des sables mouvants, pour ressusciter tranquillement le lendemain. Puis, il y a la Maman, forte aussi mais douce en toutes circonstances. Enfin, le Fiston. Une boule de nerfs qui tire tout le temps la tronche, reproche tout et son contraire à son père, ne comprend pas sa mère, et ne rêve que d’indépendance, de guerre et d’agitation, comme un mini Don Quichotte croisé avec le nain Grincheux. Ah, oui, et il y a aussi biquette, la chèvre, indispensable à l’équilibre familial. Enfin, équilibre…

papa-maman-fiston-image1 Lire la note d’intention de Lucas Méthé, proposée à la presse mais absente de l’ouvrage (et c’est bien dommage), aide à comprendre la démarche de l’auteur et surtout le procédé de création de cette bande dessinée pour le moins atypique. « Il me faut dire encore que Papa Maman Fiston est tout entier né du dessin, du désir de pousser mon dessin dans une nouvelle voie où je sentais que j’aurais profit à m’engager ; voire toute intuitive, dont je sentais qu’elle me ferait profiter d’une énergie nouvelle, et que le travail qui en résulterait aurait « des choses à dire », pourvu seulement que je le laisse courir aussi librement que possible. » Ajoutons à cela que le décès du père de Lucas Méthé l’a remis sur le chemin de ce projet longtemps mis de côté, et qu’il avoue lui-même se voir en miroir dans ce grognon caractère du Fiston. Et l’on perçoit déjà mieux le tableau d’ensemble.

L’auteur parle de la famille, de la place qu’on donne aux enfants, de celle qu’on veut bien leur laisser ou qu’ils conquièrent eux-mêmes. De l’admiration de ses parents qui tournent parfois subitement au dégoût, et du malaise qui peut en naître. De l’importance de tracer son propre chemin, de comprendre soi-même que les actes violents ont toujours des répercussions. Et que l’amour de ses parents, fût-il inconditionnel, n’a rien de si évident. Et tout cela, Lucas Méthé le livre dans une succession de chapitres qui paraissent sans queue ni tête, comme un petit théâtre bruyant et mouvant, fantastique et absurde, sensitif et débordant d’émotions. D’un trait tremblotant, évoquant parfois Fred ou Wilhelm Busch, il compose des pages mêlant petits griffonnages et grandes images aux hachures vibrantes, se débarrassant des carcans de la BD dans une forme tension palpable. Ce travail a un aspect fascinant, perturbant aussi, parfois un peu trop. Car il nous manque parfois un fil conducteur, une trame à laquelle se raccrocher pour mieux saisir le destin de chacun et éprouver l’empathie nécessaire à l’identification. Mais si l’on s’accroche, ce qui demande un réel effort, on découvre un petit monde à nulle autre pareil, une démarche d’auteur audacieuse. Ça tombe bien, le livre est en lice cette année à Angoulême, alors que vient d’être relancé le Prix de l’audace…

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