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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 20, 2017

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Pas de retour en Ostalgie

14 octobre 2016 |
SERIE
Pas de retour en Ostalgie
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
22 €
DATE DE SORTIE
24/08/2016
EAN
B00X38BMN0
Achat :

Extraordinaire ! C’est l’adjectif qu’on peut avoir en tête après avoir lu Pas de retour en Ostalgie. Cette autobiographie nous plonge dans l’enfance d’une jeune Polonaise née dans les années 1960 : « enfance catholique, patriarcale et polocommuniste, donc dépressive, oppressive et répressive. » Avec beaucoup de lucidité et de méthode, Wanda Hagedorn retrace et analyse les petits et grands tracas qui ont forgé son identité, pour former un tableau hyper réaliste et universel.

pas_de_retour_en_ostalgie_2Elle témoigne de son époque : défilés de chars, cohabitation avec les Allemands vaincus, déclassement de l’élite bourgeoise, etc. Elle explique comment, de Robinson Crusoé à La Métamorphose de Kafka, les livres ont soutenu sa révolte intérieure contre la tyrannie. Elle raconte sa mère, qui éduque dans la répression des émotions. Aux anecdotes succèdent les outils analytiques qui ont forgé sa pensée et qui lui permettent de qualifier son père de pervers narcissique et de décrypter le rôle de chacune de ses sœurs dans la constellation familiale.

En ouverture et en clôture de son récit, Wanda Hagedorn se présente dans son présent et dans ses problématiques d’écriture. Elle rend un tribut à Fun Home d’Alison Bechdel dont l’influence est manifeste. Cette inscription dans le présent et l’examen de ses motivations participent à enrichir cette œuvre. De plus, à travers le seul titre, elle inscrit son témoignage à contre-courant de certains mouvements « ostalgiques » (contraction des mots « ost » (Est) et « nostalgie ») qui commémorent les aspects positifs du communisme en RDA.

Jacek Fras, illustrateur également polonais, déploie quant à lui sur 240 pages un style de dessin très agréable. La couleur générale de l’album est en demi-tons de bruns et de gris sur lesquels les cheveux blonds de l’héroïne impriment leur différence. La lumière s’éclaircit au fur et à mesure que Wanda grandit et s’émancipe, faisant écho à sa découverte du cinéma où sa liberté de penser s’exprime enfin.

Aucun raccourci n’est pris et rien n’est pesant dans ce livre qui constitue un témoignage unique, original et absolument nécessaire. D’une enfance finalement peu exceptionnelle, l’auteur propose une lecture distanciée et critique qui apporte joie et courage à ceux qui cherchent à comprendre comment naviguent les êtres au creux de leurs vies.

Extraordinaire, en ce qu’il nous apporte.

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