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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 16, 2018















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Péyi an nou

29 mars 2018 |
SERIE
Peyi an nou
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
25/10/2017
EAN
2368461248
Achat :

Jessica Oublié vit à Paris et écrit sur l’Afrique, quand la maladie de son grand-père la renvoie à ses origines familiales antillaises. Elle se met alors à enquêter sur le Bumidom, le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer qui, dans les années 1960-70 a organisé le départ de quelque 160000 personnes de Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion, pour venir se former et travailler en Métropole. Sans vraiment savoir ce qui les attendait ni s’ils repartiraient un jour. Avec la jeune dessinatrice Marie-Ange Rousseau, rencontrée à l’école de BD le Cesan, elle se lance dans un long documentaire graphique pour raconter ce fait méconnu de l’histoire post-coloniale française.

peyi_an_nou_image1 « En même temps que la France offre des opportunités à ses citoyens pour changer de vie, elle exerce sur eux et leurs territoires d’origine des rapports de domination. » Voilà comment un chercheur, en fin d’ouvrage, résume le Bumidom, ses apports et ses travers. Car cette initiative de l’État français servait de multiples objectifs, très bien expliqués ici : fournir de la main d’oeuvre bon marché à la France, lutter contre une certaine misère dans les DOM en formant des jeunes gens, faire taire aussi les revendications indépendantistes. Mais les moyens n’étaient pas toujours à la hauteur, notamment dans l’accueil de ces populations, et les promesses de s’élever socialement étaient bien trompeuses, pour ceux et celles qui travaillaient essentiellement comme mécaniciens, éboueurs, domestiques ou aides-soignantes. Les citoyens des DOM n’avaient, de fait, pas les mêmes droits ni surtout les mêmes chances que les autres Français.

La force de cette longue enquête dessinée est la somme de témoignages pertinents réunis et la neutralité – malgré un engagement palpable de la part des auteurs – du discours. Même du point de vue formel, pour une première BD, l’album se tient, dans un registre semi-réaliste sobre et efficace, tout en rondeurs et en couleurs tranchées. Il demeure toutefois une certaine lassitude dans le procédé narratif qui met en scène les deux jeunes femmes en quête de réponse, et qui enchaîne les interviews autour d’une table. Et aussi une structure globale qui apparaît parfois flottante à mesure que le livre avance, avec ce final bancal qui empile des témoignages d’universitaire ou d’originaires des DOM comme autant de conclusions. Mais malgré ces quelques défauts de jeunesse, Péyi an nou s’affirme comme un travail important pour la mémoire de la France, dans un bel effort humaniste et pédagogue.

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