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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | November 22, 2019















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2 Comments

Rouge passé

1 octobre 2019 |
SERIE
Rouge passé
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
PRIX
20 €
DATE DE SORTIE
25/09/2019
EAN
2368462635
Achat :

Anna Laura Braghetti était membre des Brigades rouges italiennes à la fin des années 1970. Elle participe à l’enlèvement et à l’exécution de l’industriel Aldo Moro en 1978, un événement qui marqua durablement l’Italie et l’Europe. En 1980, elle assassine le vice-président du Conseil supérieur de la magistrature Vittorio Bachelet, puis est arrêtée quelques mois plus tard alors qu’elle préparait un nouvel attentat. En prison, elle se confie à un ecclésiastique, le propre frère de Bachelet.

rouge-passe_image1 C’est ce dialogue pour le moins étonnant qui sert de fil rouge aux journalistes Arnaud Gonzague et Olivier Tosseri, qui avaient écrit ensemble le roman Le Bal des hommes (Robert Laffont, 2014). On voit un curé doux et presque jovial, tenter de comprendre comment une jeune femme vive et intelligente devient l’ennemie publique numéro un. Par amour, par soif d’indépendance, par conviction, par endoctrinement..? Sans doute un peu de tout cela en même temps. La brune renfrognée se confie, met des mots sur ses angoisses, sur sa culpabilité. Et cherche dans l’oeil de plus en plus dur de son interlocuteur une forme de compréhension si ce n’est de pardon.

« Histoire d’une rédemption » assène le sous-titre de cet ouvrage qui manque cruellement de subtilité. En effet, tout semble trop artificiel et superficiel dans ces quelques 170 pages : un face-à-face cérémonieux, une confession intime et des larmes par trop forcées, et un final sirupeux pire que dans un film hollywoodien. Et au milieu, des saynètes anodines qui reconstituent le parcours criminel et terroriste d’Anna Laura Braghetti, pour laquelle les auteurs éprouvent manifestement une grande sympathie, suscitant un certain malaise. C’est vrai, ils veulent conter une « rédemption ». Mais leur manière de montrer comment leur héroïne, qui a passé 15 ans de prison avant de bénéficier d’un régime de semi-liberté puis d’une libération conditionnelle, a réussi à prendre le chemin de la réconciliation en comprenant qu’elle avait le choix de ne pas tirer sur ses « ennemis » et en se pardonnant à elle-même, semble bien naïve. Le fond idéologique, les implications criminelles et politiques des mouvements d’ultra-gauche de l’époque, sont balayés par la résilience individuelle. Quant au dessin de Nicola Gobbi, il est convaincant dans les portraits, inventif dans la mise en scène, mais finit lui aussi noyé par un trop-plein de douceur et d’empathie, renforcé par une trichromie fade. Une grosse déception autour d’un sujet pourtant fort et mis en image avec inspiration.

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Commentaires

  1. p

    Wikipedia indique 22 ans de prison effectués

  2. Benjamin Roure

    Wikipédia indique un régime de semi-liberté au bout de 14 ans, et une liberté conditionnelle au bout de 22 ans. Ma formulation est effectivement imprécise, je l’amende.

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