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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | October 15, 2018















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Dans la valise de… Jean Dytar

18 juillet 2018 |

Tout l’été, BoDoï interroge des auteurs de bande dessinée pour savoir ce qu’ils vous conseillent de lire, regarder, aller voir pendant l’été. Histoire de prendre un bon bol d’air frais et de culture, récente ou non. BD, roman, série, film, disque, exposition, spectacle, ils partagent avec vous leurs coups de coeur. Après les conseils de Joseph Safieddine, nouvelle étape avec Jean Dytar (La Vision de Bacchus, Florida…).

pereira_couvUne bande dessinée

L’une des bande dessinées de ces dernières années qui m’a le plus parlé, c’est Pereira prétend, de Pierre-Henri Gomont (chez Sarbacane). L’auteur nous fait rentrer dans la tête de son personnage comme rarement, en jouant de tous les potentiels du langage de la bande dessinée : notamment par la matérialisation visuelle de sensations, d’émotions ou d’idées, capable par exemple de transformer un monologue intérieur en dialogue, voire en scène d’action. Beaucoup d’images remplacent ainsi les textes dans les bulles, ou bien des lignes plus abstraites qui ont force de signe en même temps que de sensation qu’on peut éprouver quasi physiquement, du fait du geste inscrit très fortement dans la trace d’encre déposée. Parfois c’est par le dialogue onirique avec une figure absente que les états d’âme du personnage de Pereira se mettent en scène. Le trait de Pierre-Henri Gomont possède une force expressive tout à fait virtuose. De même les couleurs, indissociables du dessin (car de nombreuses lignes sont colorées), confèrent à l’album un parfum unique, tant dans la gamme chromatique choisie que dans son traitement. Bref, avec tout ça, je m’aperçois que je n’ai même pas parlé du contenu, pourtant passionnant dans le contexte du Portugal autoritaire de Salazar, des questionnements existentiels ou politiques qui sont déployés… Il y aurait tant à dire.

Une série

The Wire, de David Simon (Sur écoute, en VF). Ce n’est pas tout récent (2002-2008), mais j’ai découvert cette série déjà érigée au rang des classiques assez récemment et c’est vraiment impressionnant : une leçon d’écriture. À la fois dans la finesse de caractérisation de chaque personnage, que les acteurs incarnent merveilleusement, et dans la capacité que David Simon a de déplier, l’air de rien, sans jamais être didactique et en tenant le spectateur en haleine, un panorama extrêmement vaste de l’organisation politique et sociale de la ville de Baltimore. Une œuvre-monde à multiples entrées, dans laquelle le suspense généré par la construction dramatique redoutable n’empêche jamais de prendre le temps de s’attacher aux trajectoires de nombreux personnages, qui se révèlent dans leurs paradoxes, leur complexité… Au-delà du regard sociologique et politique sur la société de Baltimore, c’est l’expérience humaine dans beaucoup de ses composantes qui est racontée et mise en scène.

Un spectacle

Pixel est un spectacle sublime qui associe la danse de la compagnie Käfig (issue du hip hop) de Mourad Merzouki à des projections numériques d’Adrien Mondot et Claire Bardainne. J’ai été littéralement envoûté par l’articulation poétique entre ces corps virtuoses et ce décor virtuel… Mais au lieu de décrire le dispositif, autant voir des extraits :


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