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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 15, 2017

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Ben Templesmith : l’après-30 jours de nuit

13 octobre 2008 |

ben_home_02.jpgIl est l’un des dessinateurs les plus doués du moment. L’Australien Ben Templesmith surfe sur le succès de 30 jours de nuit, et développe avec brio ses propres séries, notamment Wormwood.

Il a cette attitude « cool » commune à bon nombre d’Anglo-Saxons. Mais pas l’arrogance de certains. Ben Templesmith, 30 ans, a l’air d’un ado tranquille, d’un surdoué du crayon que son succès amuse. Pourtant, cette réussite, il l’a forgée pas à pas, sautant sur les opportunités offertes sans pour autant vendre son âme. Il est aujourd’hui un des piliers de l’éditeur américain IDW, qui lui a proposé un contrat d’exclusivité. « Grâce à 30 jours de nuit, qui a très bien marché, IDW me laisse les mains libres, explique l’auteur. J’ai de la chance, ils prennent tout ce que je propose, alors que les autres créateurs sont obligés de faire valider leurs pitchs. »

case_wormood.jpgCette situation lui a permis de quitter début 2008 son Australie natale, terre féconde en dessinateurs de comics qui, pour la plupart, travaillent sur les grandes franchises de super-héros. Un genre de BD qui ne le tente toutefois absolument pas. « Je trouve les super-héros ennuyeux, c’est toujours la même histoire avec des personnages différents. Je ne dis pas que je ne travaillerai jamais sur ce genre de comics, mais il faudrait me payer très cher… »

L’argent, Ben Templesmith en parle spontanément, puisque c’est ce qui l’a principalement motivé à s’installer à San Diego, en Californie. « Je suis payé en dollars américains. Or la vie est beaucoup plus chère en Australie qu’aux États-Unis. Voilà pourquoi j’ai déménagé. Et si jamais le coûté de la vie devient moins cher en Europe, je serai tenté de vivre là-bas. » L’auteur chérit cette liberté acquise après le gros succès de 30 jours de nuit, qui lui a permis de laisser tomber cette série créée avec Steve Niles pour se consacrer au dessin de Fell, écrit par Warren Ellis (Transmetropolitan, Planetary…), et à ses propres titres – Wormwood et Welcome to Hoxford notamment.

Le point commun de ces trois œuvres ? Une atmosphère sombre et un penchant prononcé pour l’hémoglobine. « Je n’apprécie pas particulièrement les monstres, mais les ambiances lugubres me plaisent. Je ne saurai pas dire pourquoi… » Fell met en scène un inspecteur de police au passé douteux, muté dans la pire zone de la ville : Snowtown, un territoire laissé à l’abandon, aussi glacial qu’un cimetière mal entretenu. Wormwood prend pour héros un lombric magique qui vivote dans le corps d’un cadavre et résout des enquêtes surnaturelles. Welcome to Hoxford (encore non traduit en France) se déroule dans une clinique psychiatrique carcérale, dans laquelle on trouverait peut-être bien quelques loups-garous…

ben_fell_couv.jpgwelcome_hoxford.jpgDe l’horreur, donc, mais pas sans humour. « Le sang et les tripes, c’est toujours marrant. En fait, j’aime bien les blagues, les trucs drôles. Dans le troisième épisode de Wormwood, j’ai imaginé une créature magique ressemblant à Elvis qui se tape une chèvre… » Potache à souhait, mais pas idiote, Wormwood est la première BD à la fois scénarisée et dessinée par Ben Templesmith. Et c’est une vraie réussite. « J’ai beaucoup appris en travaillant avec Warren Ellis », précise-t-il modestement…

Graphiquement, le style de l’Australien est reconnaissable entre mille. Ses personnages à la limite du cartoon se fondent dans des environnements aux textures organiques. Couleurs et transparences s’accordent à merveille dans des mises en scène où la lumière finit toujours par jaillir de l’obscurité. Ses références ? Le dessinateur Ashley Wood notamment, mais aussi Dave McKean ou les cinéastes Tim Burton, Alex Proyas, Luc Besson ou le réalisateur de clips Chris Cunningham. Ben Templesmith prône l’ouverture et la diversification. Il travaille d’ailleurs en ce moment à une série de portraits de présidents américains, pour un livre à paraître au moment de l’élection. Enfin, il se verrait bien accrocher ses travaux dans des galeries, par exemple. « Quand on reste longtemps dans le monde des comics, on prend le risque de trop s’inspirer les uns des autres. J’ai déjà fait deux petites expositions et, parfois, je rêve d’être un vrai artiste… »

Benjamin Roure

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http://bentemplesmith.blogspot.com/
Wormwood #1
.
Delcourt, 14,95 €.
Fell #1
, avec Warren Ellis. Delcourt, 14,95 €.
30 jours de nuit #1-3
, avec Steve Niles. Delcourt, 12,90 € (#1) et 14,95 € (#2 et 3).

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© Ben Templesmith / IDW / Delcourt

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