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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | December 10, 2016

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Le Concombre Masqué sévit chez Mosquito

12 juillet 2016 |

concombre_couvEn avril 1965 le Vaillant n°1038 publie un curieux héros, le premier parmi les cucurbitacés : vert, court sur patte, gros nez et, surtout, masqué. Kalkus, pseudo du jeune Nikita Mandryka, à peine sorti de l’Idhec (école de cinéma), vient de poser les bases de ce qui allait devenir une des plus longues séries de l’histoire de la BD francophone. En effet, après être passé par à peu près tous les supports possibles – Pif Gadget, Pilote, L’Écho des savanes, (À suivre…) ou Spirou, mais aussi les BD publicitaires (pour des préservatifs !), des collectifs divers ou des prépublications sur son site, pionnier en la matière – le Concombre vit toujours des aventures régulières sous forme de Contes Zen dans le collections « Les Petits Carnets » des éditions Alain Beaulet. Soit plus de 50 ans de publications sans que le légume porte trace de la moindre flétrissure.

Pour fêter ça, l’auteur, résidant en Suisse depuis des années, s’associe avec un éditeur voisin, Mosquito, pour rééditer dans un bien bel écran un album broché publié en 1971 en supplément du Futuropolis Comics 130 Spécial n°1, sous la direction de Cestac et Robial. Les Aventures Potagères du Concombre Masqué reprenait les 30 premières pages publiées, première « aventure » avant les multiples suivantes. Si le dessin de Mandryka évoluera continuellement on y trouve déjà ce qui constituera l’essence de la série : nonsense assumé, onomatopées délirantes, personnage grandiloquent… Et malgré l’environnement hostile et peu luxuriant choisi, le « Désert de la mort lente », les décors sont évolutifs, vivants, peu respectueux des normes.

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Cette réédition, passionnante pour retrouver les origines du célèbre légume, l’est aussi par sa postface où Mandryka pointe de multiples influences. Il va même jusqu’à avouer « avoir tout copié sur tout le monde » – disons plutôt qu’il a su mêler l’improbable pour en tirer le meilleur. Ainsi, on n’est pas surpris de le voir revendiquer l’héritage de Krazy Kat ou Le Copyright, courte série de Forest publiée dans Vaillant et brusquement arrêtée, que Mandryka avait déjà indiqué avoir voulu continuer en créant le Concombre. On est plus étonné de constater que les arbres de la Forêt Profonde sont directement sortis du Tarzan de Burne Hogarth.

Ébouriffant shaker, affirmant une joie foutraque à la limite de l’anar, le Concombre donne des leçon de vocabulaire et d’anticonformisme à de jeunes lecteurs sidérés. La réédition soignée sans être inutilement luxueuse de Mosquito lui rend donc honneur. On a plus qu’à espérer que Le Copyright, si encensé dans l’ouvrage, connaisse un jour un aussi bel écrin. En attendant, on peut lire l’intégralité des 23 pages publiées sur le site de son héritier.

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Les Aventures potagères du Concombre Masqué.
Par Nikita Mandryka.
Mosquito, 14 €, mai 2016.

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