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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | September 16, 2021















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Le Jour où j’ai rencontré Ben Laden #1

31 août 2021 |
SERIE
Le Jour où j'ai rencontré Ben Laden
ALBUM
De Vénissieux à Tora Bora - 1
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
24.95 €
DATE DE SORTIE
25/08/2021
EAN
2413029877
Achat :

le-jour-ou-jai-rencontre-ben-laden_image1 Jérémie Dres est allé à la rencontre de Mourad Benchellali et Nizar Sassi, deux jeunes habitants de Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, qui sont partis en Afghanistan rejoindre les Talibans, à l’été 2001. Soit quelques semaines avant les attentats du 11-septembre. Voulant s’échapper de leur quartier, jouer avec des armes, se conformer à un islam rigoriste, et aussi, « tout simplement », vivre une aventure, ils n’avaient pas idée qu’ils seraient formés à devenir des combattants. Et qu’à peine formés, ils seraient bombardés par les avions américains répliquant après l’effondrement du World Trade Center…

Après avoir enquêté sur différents thèmes liés à son histoire personnelle (ses racines polonaises dans Nous n’irons pas voir Auschwitz, le passé égyptien de sa famille dans Si je t’oublie Alexandrie, les origines juives du reggae dans Dispersés dans Babylone), Jérémie Dres s’intéresse au destin de deux Français passés chez les Talibans, dont les témoignages ont déjà largement été recueillis. L’originalité de sa démarche tient dans la confrontation des deux trajectoires, le soin porté aux détails de leur vie quotidienne dans les tours des Minguettes ou dans les montagnes afghanes, et dans la proximité de sa posture. Car Jérémie Dres se met en scène en train d’interviewer les deux hommes, et, un peu à la manière d’un Guy Delisle, donne ses impressions sur ce qu’il voit et entend. Mais à l’inverse de l’auteur québécois, il semble se laisser submerger par cette proximité d’avec son sujet qui, de surcroît, ne se prête guère à l’humour.

Ainsi, on entend parler Mourad et Nizar, se justifier, avouant ne pas trouver d’explication solide à leur départ si ce n’est « se la raconter », et l’auteur intercale aux témoignages quelques petites leçons d’histoire politique du pays (ce qui est on ne peut plus d’actualité). Mais c’est le seul moment où il prend vraiment la parole et de la distance. Ce qui se révèle vite gênant car ne n’est pas son entretien avec un ancien agent du FBI qui permet de confronter la parole des deux hommes, juste de documenter certaines déclarations. On sent même parfois une certaine empathie doublée d’une crainte de la part de l’auteur pour ses interlocuteurs, dont la rigueur journalistique affichée en prend dès lors un coup. Heureusement que le fond du récit est passionnant… Mais à force de la laisser la parole des témoins défiler, le livre s’étire de trop et laisse le lecteur au milieu du récit, en attendant un tome 2 qui traitera de l’emprisonnement à Guantanamo. Ce qui semble faire un peu beaucoup pour cette histoire. Ou alors, c’est dans cette suite qu’une forme d’analyse, de recherche d’universalité ou de réflexion en miroir se fera jour. À voir.

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