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BoDoï, explorateur de bandes dessinées – Infos BD, comics, mangas | June 21, 2019

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Le Silence des étoiles

6 juin 2019 |
SERIE
Le Silence des étoiles
DESSINATEUR(S)
SCENARISTE(S)
EDITEUR(S)
COLLECTION
PRIX
19.95 €
DATE DE SORTIE
15/05/2019
EAN
2501070038
Achat :

Raconter un chagrin d’amour sur 250 pages ? Dans un environnement hyper-parisien, plein de macarons Hermé et de robes The Row, dessiné dans un style marqué illustration de magazine féminin ? Par une blogueuse et instagrameuse hyper suivie ? Le tout sous une couverture d’une rare platitude ? Voilà qui avait tout pour constituer un vrai repoussoir pour amateur de bandes dessinées. Et pourtant, Le Silence des étoiles est bien moins niais et girly-creux qu’il n’y paraît.

le-silence-des-etoiles-image1 Bonne surprise donc que cette première longue bande dessinée de Sanäa K., illustratrice tenant à son anonymat mais très connectée aux réseaux sociaux. En effet, sous le vernis lisse d’un dessin numérique, on découvre des cases riches en détails utiles au réalisme des saynètes, décrivant à la première personne – façon blog – les tranches de vie d’une aspirante illustratrice. Une jeune femme la tête sur les épaules, galérant pour décrocher des contrats et payer son loyer, et vivant le parfait amour avec le sexy Ismaël, jusqu’au jour où le bellâtre ne donne plus de nouvelles. Larmes, sucreries, séries télé et nouilles chinoises instantanées, la déprime gagne face au manque et la jeune femme rumine, râle, allume son smartphone toutes les 3 secondes, scrute les réseaux sociaux… Avant de tourner la page, grâce aux ami(e)s qui vont l’aider à reconstruire une confiance en soi. Le fond est donc très très classique, mille fois vu, mais force est de constater que Sanäa K. possède l’art du rythme et de la blague, et sait associer sincérité et envie de raconter. Il faut donc dépasser ses préjugés (esthétiques et thématiques) pour découvrir une bonne conteuse en puissance, dont le potentiel graphique, une fois expurgé des tics visuels à la mode, est réel. Une jolie découverte, pour qui ne se laissera pas décourager par la couverture ratée et les premières apparences.

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Commentaires

  1. loutra

    Je m’insurge ! Tout les « amateurs de BD » ne dédaignent pas :
    – la sociologie/l’anthropologie (= les histoire d’amour, que vous semblez déprécier) ;
    – Paris ;
    – les gâteaux ;
    – la mode ;
    – le point de vue de femmes qui réussissent dans leur vie pro ;

    Ce que vous présentez comme des « repoussoirs » n’en sont pas pour tout le monde (j’excepte la couverture, et vous laisse la responsabilité d’une appréciation subjective, chacun son regard, là dessus rien à dire).

    Mais tous les amateurs de BD ne sont pas des hommes en fait. Y a aussi des femmes qui aiment la BD, et qui ne dédaignent pas les domaines que vous semblez mépriser.

    Que dire des nombreux éloges que votre magazine accorde à des BD pourtant particulièrement misogynes, au regard des représentations des personnages féminins ? Là, les amateurs de BD apprécient, c’est pas repoussant de voir des femmes objectivées, sexualisées jusqu’au ridicule ? Ou rendues muettes, ou réduites à des rôles domestiques par l’histoire ?

    Doit-on en conclure que, pour Bodoï, les « amateurs de BD » sont à lire au sens non neutre du terme = uniquement des hommes (hétérosexuels et misogyne de surcroît) qui aiment les BD ? Donc cet article ne s’adresse pas à toutes les femmes ?

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